25 % de cas de SEP en plus
Avec les nouveaux critères de diagnostic // N° 85

 

 

Selon plusieurs études présentées lors du congrès de l’European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ECTRIMS 2018) du 10 au 12 octobre 2018 à Berlin (Allemagne), l’utilisation des nouveaux critères diagnostiques de McDonald a permis de diagnostiquer 25 % de cas de sclérose en plaques (SEP) en plus chez des patients présentant un syndrome clinique isolé (SCI). Les diagnostics sont plus précoces et la hausse concerne également les jeunes enfants.

En effet, pour améliorer le diagnostic de la SEP, un panel d’experts internationaux avait proposé en 2017 une révision des critères de McDonald. L’objectif était de simplifier et de clarifier les derniers critères, qui dataient de 2010, en tenant compte des nouvelles données obtenues avec l’imagerie IRM ou l’analyse du liquide céphalo-rachidien (LCR).

Selon les neurologues, l’analyse du LCR a retrouvé une place dans l’identification des formes rémittentes de SEP, essentiellement au stade de syndrome clinique isolé, au début de la maladie. Les lésions symptomatiques ont désormais autant d’importance que les lésions asymptomatiques, pour les formes de SEP récurrente-rémittente, comme pour les formes progressives.

D’après les études, en appliquant les critères de 2017, une SEP a été diagnostiquée chez plus de la moitié des patients (51,4 %) suivis pendant une période médiane de sept ans. Les nouveaux critères ont permis de diagnostiquer 132 patients en plus (23,3 %), comparativement aux critères de 2010, qui ne permettent pas, pour ces cas, de définir cliniquement la maladie. Le suivi des patients s’est appuyé sur une imagerie par IRM, renouvelé 3 à 5 mois après avoir identifié le SIC, puis à un an et tous les cinq ans. Dans 77 % des cas, des lésions sont apparues à l’imagerie. Près de la moitié des patients présentaient également des anomalies au niveau de la moelle épinière.

Les critères de McDonald 2017 ont permis de caractériser une dissémination spatiale des lésions à l’imagerie chez 59 % des patients, contre 54 % avec les critères de 2010. Le taux de dissémination temporelle était, en revanche, similaire. De plus, la recherche de bande oligoclonale à partir du LCR est également apparue comme un facteur déterminant dans le diagnostic de nouveaux cas de SEP. Là encore, l’application des nouveaux critères a permis de diagnostiquer 28 % de SEP en plus chez des patients suivis après l’apparition d’un premier événement.

Toutefois, si un diagnostic précoce permet de faire bénéficier d’un traitement, il faut garder en tête que l’annonce d’une SEP est un moment difficile pour le patient.

 

Medscape du 22 novembre 2018.

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