Activité physique sur ordonnance
Un guide pour accompagner les médecins ! // N° 85

 

 

Depuis 2016, les médecins peuvent prescrire de l’activité physique comme n’importe quelle autre thérapie. Toutefois, des freins persistent à la mise en œuvre de cette nouvelle pratique. Pour accompagner les médecins et les aider à mener des consultations dédiées à l’activité physique, la Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré un guide.

Ce guide dresse notamment un état des lieux des connaissances sur « activité physique et santé » et fournit des éléments aux médecins concernant l’évaluation du risque cardiovasculaire, de la condition physique et de la motivation du patient. Selon la HAS, ce guide « s’adresse en particulier aux médecins de ville : ce sont les meilleurs interlocuteurs pour convaincre les patients des bénéfices de l’activité physique ». D’après elle, la « prescription est un facteur d’adhésion à l’activité physique ». De plus, le « médecin doit montrer au patient qu’il existe une activité physique adaptée à son état de santé et qu’il n’existe quasiment aucune contre-indication à l’activité physique légère à modérée ».

« Aujourd’hui, des médecins prescrivent de l’activité physique en prévention secondaire et tertiaire, mais l’enjeu du guide est aussi de sensibiliser à la prévention primaire », ajoute-t-elle, en appelant l’ensemble de la population à se saisir de cette thérapeutique validée.

Le sport sur ordonnance n’est pas sans poser la question du financement. Les spécialistes déplorent que l’Assurance maladie ne se soit pas encore engagée. La stratégie nationale sport santé, élaborée conjointement par le ministère des Sports et le ministère des Solidarités et de la Santé, sera présentée au cours du premier trimestre 2019, selon Nadia Mimoun, chargée de mission Sport Santé, de la direction des Sports. Cette stratégie devrait répondre aux questions d’organisation et de financement. « L’objectif est de mettre en place des maisons sport santé pour accueillir toute personne, afin d’évaluer sa condition physique et sa motivation avant de l’orienter vers des structures adaptées », présente Nadia Mimoun.

En complément de son guide, la HAS propose six référentiels spécifiques à l’obésité, au diabète de type 2, à la broncho-pneumopathie obstructive, l’hypertension artérielle, la maladie coronaire stable ou à l’accident vasculaire cérébral. D’autres suivront en 2019 concernant le cancer, les personnes âgées, l’insuffisance cardiaque chronique, la dépression et la grossesse.

 

Le Quotidien du Médecin du 17 octobre 2018.

Chargement...