Albuminurie Et risque de troubles cognitifs // N°65

De nombreuses études ont établi par le passé un lien entre insuffisance rénale et troubles cognitifs, ces deux pathologies partageant des facteurs de risque, vasculaire notamment, communs, mais la méta-analyse dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue « Neurology » montre qu’une albuminurie doit être considérée comme un facteur de risque de déclin cognitif, voire de démence.

C’est une équipe néerlandaise, de Maastricht, qui a réalisé cette méta-analyse ; 22 études publiées avant le 1er août 2016 ont été retenues parmi un total sélectionné de 8494 abstracts ; chacune de ces 22 études incluant au moins 100 participants, âgés de 45 ans ou plus, suivis durant au moins une année.

Une analyse poolée de 5 études rassemblant 27805 individus a permis de montrer que la présence d’une albuminurie augmentait de 35 % le risque de troubles cognitifs ou de démence (OR 1,35 ; IC 95 % = 1,06 – 1,73 ; p = 0,015). En revanche, les auteurs n’ont pas trouvé de lien significatif entre débit de filtration glomérulaire et troubles cognitifs. En partant de 8 études analysant ce paramètre de la fonction rénale, rassemblant un total de 36636 participants, ils montrent que les patients ayant un débit de filtration glomérulaire inférieur à 60 mL/min/1,73 m² (soit une réduction de moitié ou plus du débit théorique) n’ont pas de sur-risque significatif de déclin cognitif (OR 1,28 ; IC 95 % = 0,99 – 1,65 ; p = 0,06).

 

Neurology 2017;88(2):198-208.

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