AMECHO
Une journée dédiée au microbiote // N° 84

 

 

On le sait ! Les Journées AMECHO constituent un rendez-vous incontournable de formation médicale continue, permettant aux professionnels de la santé des différentes régions du Royaume de mettre à jour leurs connaissances et de débattre de sujets d’actualité. Il était donc judicieux que la 1re Journée marocaine du microbiote organisée par les Laboratoires Biocodex, le soit en collaboration avec l’Association Marocaine des Echographistes (AMECHO).

Très attendue par nos confrères, cette 1re Journée dédiée au microbiote a eu lieu à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca le 11 novembre dernier. Plusieurs experts de renom y étaient conviés pour présenter et débattre des dernières études sur le microbiote : Dr Alexis Mosca, Pédiatre spécialisé en gastroentérologie et nutrition à l’hôpital Robert Debré – Paris ; Pr Philippe Marteau, Gastroentérologue à l’hôpital Saint Antoine – Paris, et chercheur spécialiste des « maladies inflammatoires de l’intestin, le rôle et la modulation du microbiote » au sein de l’unité INSERM-ERL 1157, UMR7203 ; Pr Jean-Marc Sabaté, Gastroentérologue à l’hôpital Avicenne à Bobigny et chercheur spécialiste du syndrome de l’intestin irritable (SII) au sein de l’unité INSERM U-987 ; et Dr Philippe Nuss, Psychiatre, responsable de l’Unité de psychiatrie à l’hôpital Saint Antoine – Paris. Le modérateur de la Journée étant le Pr Jaafar Heikel, Médecin spécialisé en Maladies infectieuses, épidémiologiste, responsable central et régional au sein du Ministère de la Santé, et Président du Centre Africain de Recherche et d’Etude en santé à l’Université Mohammed VI Polytechnique.

Dans sa présentation sur « les maladies chroniques au Maroc, enjeux et défis », Pr Heikel a rapporté les résultats de l’enquête nationale « Stepwise » qui montre que le Maroc, à l’instar de la majorité des pays Africains, a subi une triple transition : démographique, épidémiologique et nutritionnelle. En 2018, le Maroc a augmenté de 63 % ses apports caloriques ; 20 % des Marocains adultes étant obèses et 53 % en surpoids. Pr Heikel a en outre insisté sur la consommation de sucre très augmentée dans notre pays, de la morbidité et du coût qui en découlent. L’inactivité physique des Marocains n’étant pas en reste (78 %). « Les rôles de l’environnement, de l’épigénétique, du microbiote intestinal, du mode de vie sont à analyser dans une perspective d’interaction entre ces facteurs et dans une logique d’approche préventive et aussi thérapeutique intégrée pour un moindre coût sanitaire », a-t-il ajouté.

Pour Dr Mosca, 98 % des facteurs qui influencent notre microbiote sont dus à l’environnement, seul 2 % à la génétique. C’est dire l’intérêt de « développer des stratégies pour limiter les effets secondaires sur le microbiote intestinal lorsque les antibiotiques sont indispensables ».

Dans son intervention « Microbiote intestinal de l’adulte », Pr Marteau a abordé « les grands concepts actuels de l’écologie intestinale » ; « les dysbioses intestinales et leur relation avec les pathologies du tube digestif et du foie » ; ainsi que les applications thérapeutiques selon des approches « ayant vocation à corriger la rupture de symbiose hôte-microbiote par des apports de nouveaux micro-organismes : rebiose, transplantation fécale, probiotiques et/ou de substrats comme des fibres et prébiotiques ».

Pr Sabaté a quant à lui rappelé la définition du syndrome de l’intestin irritable (SII), sa physiopathologie ainsi que l’implication et le rôle du microbiote. Le syndrome de l’intestin irritable étant une maladie chronique qui associe douleurs abdominales et troubles de transit. On en distingue plusieurs sous-types selon le trouble de transit prédominant (diarrhée, constipation ou alternance de diarrhée et constipation). D’après Pr Sabaté, le SII affecte 5 à 10 % de la population mondiale, et peut être responsable d’une importante altération de la qualité de vie. Malgré la complexité de sa physiopathologie et le caractère multifactoriel du SII, l’expert a souligné le rôle du microbiote dans la survenue de ces troubles fonctionnels intestinaux. Des études ont en effet montré l’existence de formes post-infectieuses (gastroentérite) où la composition du microbiote intestinal est modifiée. Pr Sabaté a également exposé les différents traitement ciblant le microbiote comme les antibiotiques, le régime pauvre en Fodmaps, les probiotiques et la transplantation fécale.

Enfin, la communication du Dr Nuss était axée sur « les voies de communication et les effecteurs de signalisation bidirectionnels entre intestin et cerveau » ainsi que sur les liens entre microbiote intestinal et les pathologies neuropsychiatriques.

 

1re Journée marocaine du microbiote organisée par les Laboratoires Biocodex et AMECHO, 11 novembre 2018, Faculté de Médecine et de Pharmacie – Casablanca

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