Analyse critique du déficit en vitamine D // N° 95

 

La vitamine D connait aujourd’hui un important intérêt, non seulement pour ses effets osseux intéressants dans la prévention des fractures ostéoporotiques, mais aussi ses effets extra-articulaires protéiformes (réduction du risque de cancer, de la maladie inflammatoire et même du taux de mortalité …).  Le taux de 25-(OH)2-Vitamine D circulant est un reflet fidèle de l’imprégnation vitaminique D et constitue un marqueur biologique sur lequel on peut fonder le raisonnement médical, aussi bien dans la population générale que chez un individu. Le seuil de 30 ng/ml est actuellement proposé comme une référence en termes de bénéfice osseux, mais des taux supérieurs pourraient être nécessaires pour l’obtention de certains effets extra-osseux. La forme naturelle de la vitamine D est la plus utilisée pour corriger un déficit en vitamine D (et les dérivés hydroxylés n’ont que des indications limitées et spécifique). Il est nécessaire de connaître la valeur sérique initiale pour adapter les schémas d’attaque et d’entretien de la supplémentation. Parmi les patients à risque d’insuffisance vitaminique, on peut inclure tous les sujets ayant une exposition solaire nulle ou quasi nulle, des chutes à répétition, une ostéoporose avérée, une maladie favorisant l’ostéoporose, des médicaments inducteurs d’ostéoporose, et une pathologie chronique sévère, favorisant l’insuffisance et la carence vitaminique. En cas d’insuffisance ou de carence vitaminique D, il faut prescrire un traitement d’attaque qui permettra de ramener le taux de 25-(OH)2-vitamine D au-dessus d’une valeur cible recommandée de 30 ng/ml. En situation de traitement d’entretien, la posologie est autour d’une dose moyenne de 800 à 1200 UI/j, qui peuvent être apportées sous des formes diverses allant d’une administration quotidienne à trimestrielle.

 

 

 

Auteurs : R. Angalla, FE. Abourazzak, T. Harzy

Service de Rhumatologie, CHU Hassan II – Fès

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