Anémie et fractures ostéoporotiques
Quel lien ? // N° 125

 

 

Les interactions entre les niches cellulaires hématopoïétiques et mésenchymateuses pourraient expliquer l’intrication de certaines pathologies osseuses et hématologiques. C’est ainsi qu’une étude suédoise a montré l’existence d’une association entre anémie et augmentation du risque de fractures ostéoporotiques. L’objectif de cette étude étant d’analyser cette association dans une cohorte d’hommes non institutionnalisés âgés entre 70 et 80 ans.

Ainsi, 1005 hommes avec une mesure d’hémoglobine (Hb) ont été inclus dans cette étude, âgés en moyenne de 75,3 ans avec IMC moyen à 26,2 kg/m2. Les valeurs d’Hb étaient normalement distribuées. Le taux moyen d’Hb était à 14,7 g/dl. Soixante-six hommes avaient une anémie (Hb <13 g/dl) dont 14 un taux d’hémoglobine <12 g/dl.

La densité minérale osseuse (DMO) à la hanche et les marqueurs du remodelage osseux n’étaient pas différents entre les groupes. Les taux d’EPO, d’iFGF23, de phosphore et de CRP étaient plus élevés dans le groupe anémie, le débit de filtration glomérulaire était plus bas (60,9 vs 71,9 ml/min). Par ailleurs, il n’y avait pas de différence entre les groupes concernant la PTH, la vitamine D et la calcémie. L’association entre anémie et iFGF23 était indépendante de l’âge, de l’EPO et du débit de filtration glomérulaire.

Au cours du suivi médian de 10,1 ans, 346 hommes ont eu une ou plusieurs fractures : 27 des 66 sujets anémiques (41 %) et 319 des 938 sujets non anémiques (34 %).

L’anémie était prédictive de fractures non vertébrales (HR à 10 ans = 2,35 IC 95% 1,20-4,27) mais pas de fractures vertébrales (HR à 10 ans = 1,59 IC 95% 0,77-3,29) après ajustement sur l’âge et la DMO à la hanche totale. Les sujets anémiques avaient une augmentation du risque de fracture de hanche ajusté sur l’âge après 10 et 16 ans de suivi mais qui n’était plus significatif après ajustement sur la DMO à la hanche totale.

L’anémie restait indépendamment associée à une augmentation du risque de fracture quelle qu’elle soit à 10 et 16 ans après multiples ajustements sur l’âge, l’année de naissance, le tabagisme, la DMO à la hanche, les chutes, les antécédents d’AVC, de cancer, de diabète, la fonction rénale, le taux de testostérone et d’œstrogène, la CRP, l’EPO.

D’après les auteurs, l’anémie augmente le risque de fracture, notamment de fractures non vertébrales indépendamment de l’âge, des chutes, de la DMO à la hanche et de diverses comorbidités.

 

Arch Osteoporos 2022;17:85.

Chargement...