ASCO 2018
Prévenir le cancer de l’œsophage par des IPP // N°79

 

 

L’endobrachyœsophage est associée à un risque non négligeable d’évolution vers un adénocarcinome. Des données observationnelles semblent suggérer un bénéfice des IPP et de l’aspirine dans cette évolution. Cet essai randomisé intitulé « ASPECT » est le plus grand jamais conduit pour répondre à cette question.

Il s’agit donc d’un essai basé sur un plan factoriel 2×2 ayant comparé une forte dose d’IPP à une faible dose (80 mg et 20 mg d’esomeprazole) associé ou non à la prise d’aspirine de 300 mg par jour dans la prévention des adénocarcinomes œsophagiens.

Cet essai a inclus 2557 patients porteurs d’endobrachyœsophage et le critère de jugement principal était un critère composite associant la survenue d’une dysplasie de haut grade, d’un adénocarcinome ou le décès du patient.

Les résultats montrent qu’une forte dose d’IPP réduit significativement la survenue de ces événement de 3 % à 8 ans (90 % vs 87 % p=0,0459). La survie globale était également légèrement augmentée après un suivi médian de 8,8 ans (Time ratio =1,36 IC95 % 1,01-1,82 p=0,039). En revanche, il n’est pas montré de bénéfice statistiquement significatif à la prise d’aspirine même si le bénéfice le plus grand était observé dans le bras associant haute dose d’IPP à l’aspirine.

En conclusion, cet essai montre de manière certaine un bénéfice d’une haute dose d’IPP dans la prévention du cancer de l’œsophage. Concernant l’aspirine, la question reste ouverte. Même si un bénéfice est également suggéré par ces résultats, il est trop tôt pour placer tous les patients sous aspirine.

 

ASCO 2018 – Abs LBA4008 (Oral Abstract session) ; Le Cancer.fr du 5 juin 2018.

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