Cancer du col utérin Généralisation du dépistage pour freiner la chute du taux de survie // N° 87

 

 

Le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls à voir son pronostic se dégrader ces dernières années, avec un taux de survie en diminution. Ainsi, alors que ce taux atteignait 68 % au cours de la période 1989-1993, il n’était plus que de 62 % entre les années 2005 et 2010. Ce qui entraine, encore aujourd’hui, environ 1100 décès liés à ce cancer chaque année en France, pour une incidence de 3000 cas de cancers invasifs.

Le programme français de dépistage organisé vise donc à inverser cette évolution, avec l’objectif ambitieux de réduire de 30 % l’incidence et la mortalité par ce cancer à 10 ans. Cette démarche a été justifiée par une étude médico-économique menée entre 2014 et 2016 par l’Institut national du cancer (INCa), qui a montré qu’avec un tel dépistage organisé, il serait possible de diminuer l’incidence et la mortalité par cancer du col de 30 % à l’horizon 2028 dans l’hypothèse d’un taux de participation de 80 %.

Les autorités de santé visent une augmentation de 20 points du taux de participation. En métropole, en effet, la participation s’échelonne entre 56,1 et 64,45 %. Et si toutes les femmes de 25 à 65 ans seront concernées, le dépistage s’adressera particulièrement aux femmes de plus de 50 ans, dont une sur deux ne se fait pas dépister, ainsi que celles en situation sociale défavorable, celles atteintes d’une affection longue durée, d’une forme grave ou invalidante d’obésité, ou encore en situation de handicap.

L’INCa souligne que « les médecins et professionnels de santé assurant le suivi gynécologique de la femme (gynécologue, médecin généraliste, sage-femme) sont les interlocuteurs privilégiés des femmes et constituent le principal mode d’entrée dans le dépistage ». Ainsi, le professionnel de santé est invité à engager « plus systématiquement la question du dépistage du cancer du col de l’utérus avec ses patientes ».

En pratique, deux modes de participation à ce programme existent. Tout d’abord, pour les 60 % des femmes qui se font déjà spontanément dépister, rien ne change. Elles pourront rejoindre le programme sur proposition du professionnel de santé qui réalise l’examen. Elles devront juste préciser si elles s’opposent à la transmission de leurs résultats aux différents acteurs, en vue de son évaluation. En revanche, les femmes n’ayant pas réalisé de test de dépistage au cours des 3 dernières années recevront par courrier une information et une invitation à consulter leur professionnel de santé pour réaliser l’examen. En cas de non réalisation, une relance leur sera adressée 12 mois plus tard. Comme pour les femmes réalisant spontanément le dépistage, elles pourront préciser si elles s’opposent à la transmission de leurs données aux différents acteurs en vue de l’évaluation du programme.

Le prélèvement cervico-utérin pourra être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme, voire un médecin biologiste ou anatomo-pathologiste exerçant en laboratoire de biologie médicale. Le frottis est pris en charge à 100 %, sans avance des frais.

Par la suite, « le recueil des données permet un meilleur suivi des femmes dont le résultat cytologique est anormal », précise l’INCa. Le centre de coordination régional du dépistage des cancers réalise, en effet, un suivi régulier et exhaustif de ces femmes et s’assure notamment, auprès du professionnel de santé qui a réalisé le prélèvement, des modalités d’examen mis en œuvre.

Le dépistage fera l’objet d’une évaluation annuelle basée sur l’analyse des données autorisées par les patientes. Cela doit permettre une optimisation des pratiques, du suivi et de la qualité du programme. Dix-sept millions de femmes sont concernées, et appelées à renouveler ce dépistage tous les 3 ans, après 2 prélèvements normaux réalisés à 1 an d’intervalle. Il vient en complément de la vaccination antipapillomavirus.

 

Institut National du Cancer (INCa) du 17 janvier 2019.

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