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Cancer localisé de la prostate Actualisation des recommandations de l’ESMO // N° 163

 

La Société Européenne d’Oncologie Médicale (ESMO) a récemment actualisé ses recommandations concernant la prise en charge du cancer de la prostate localisé et de la récidive biochimique. Élaboré par un panel international d’experts, ce document -sous forme de guide- précise les critères de suspicion des formes agressives et redéfinit la stratégie à adopter en cas de réascension du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) après traitement initial.

L’une des principales évolutions concerne l’intégration systématique de l’IRM multiparamétrique avant toute biopsie prostatique. Cette IRM permet d’éviter les biopsies inutiles en cas de tumeurs indolentes et de diriger les aiguilles vers les lésions suspectes (PI-RADS 4 ou 5). En cas d’IRM négative mais de suspicion clinique persistante, la densité du PSA (>0,15 ng/mL/cm³) constitue désormais un critère déterminant pour maintenir l’indication de biopsie.

Sur le plan technique, l’ESMO privilégie désormais la voie transpérinéale à la voie transrectale. Cette évolution repose sur un meilleur profil de sécurité, avec une réduction significative du risque infectieux (environ 1,2 % vs jusqu’à 4,1 %), permettant dans certains cas de s’affranchir d’une antibioprophylaxie.

Ce guide ne préconise pas de dépistage systématique en population générale, mais recommande une stratégie ciblée chez les patients à risque : hommes ≥50 ans avec une espérance de vie >10 ans ; hommes ≥45 ans avec antécédents familiaux de cancer prostatique ; hommes ≥45 ans d’origine africaine ; et hommes porteurs de mutations BRCA (notamment BRCA2) dès 40 ans. Cette approche repose sur une surveillance par PSA, associée si nécessaire à l’IRM.

En cas de récidive biochimique (élévation de l’antigène) après prostatectomie ou radiothérapie, la distinction entre élévation lente et forme à haut risque est essentielle. Un temps de doublement du PSA <9 mois définit une situation à risque élevé. Dans ce contexte, les recommandations introduisent l’association d’un traitement anti-androgénique et de l’enzalutamide, même en l’absence de métastases détectables à l’imagerie conventionnelle. Cette stratégie permet de retarder significativement l’apparition des métastases, au prix d’effets indésirables à surveiller (fatigue, chutes, gynécomastie). En cas de refus de castration chimique, l’enzalutamide en monothérapie constitue une alternative validée.

Ces nouvelles recommandations renforcent l’importance d’un suivi post-thérapeutique rigoureux. Une récidive biochimique ne justifie pas systématiquement une mise sous traitement immédiate, mais un temps de doublement rapide du PSA impose une réévaluation rapide et une intensification thérapeutique.

En pratique, la généralisation de l’IRM pré-biopsique, l’utilisation de la densité du PSA et le recours préférentiel à la biopsie transpérinéale constituent des évolutions majeures, améliorant à la fois la précision diagnostique et la sécurité des patients.

 

Medscape du 4 février 2026.

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