Cas de gonorrhées multirésistantes
En augmentation rapide ! // N° 71

 

 

Ces dernières années, une recrudescence de cas de gonorrhée a été observée dans tous les pays. Par exemple, en 2014 et 2015, l’augmentation du nombre de cas a été de 11 % au Royaume-Uni, de 13 % aux États-Unis, de 15 % au Canada, allant jusqu’à 146 % dans certains états australiens.

En France, entre 2013 et 2015, le nombre de cas de gonorrhée a doublé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Cette flambée mondiale de la gonorrhée peut être expliquée par divers facteurs : le moindre usage des préservatifs, en lien avec une diminution de la perception des risques infectieux, ainsi qu’aux nouveaux traitements (préventifs et curatifs) de l’infection par le VIH dans certains pays ; l’urbanisation croissante et la démocratisation des transports ; et des traitements inadéquats ou incomplets.

La gonorrhée est en outre asymptomatique chez environ 40 % des femmes et plus de 50 % des hommes infectés, ce qui rend le dépistage et le diagnostic difficiles, et augmente la probabilité d’acquisition de résistance (par interaction durable avec la flore commensale).

Face à cette augmentation rapide de cas de gonorrhées multirésistantes à travers le monde, l’OMS vient de publier une feuille de route destinée à structurer la recherche et le développement de nouveaux antibiotiques efficaces contre Neisseria gonorrhoeae, y compris contre les souches multirésistantes ou extensivement résistantes. Ces mesures à court et moyen termes devront être accompagnées de campagnes de prévention contre les IST (infections sexuellement transmissibles), en particulier centrées sur l’usage du préservatif. Rappel d’autant plus important que la PrEP (prophylaxie-pré-exposition de l’infection par le VIH) réduit le recours aux préservatifs comme moyen de protection.

 

VidalNews du 20 juillet 2017.

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