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Ce que les implants mammaires Pourraient cacher aux cardiologues ! // N° 156

 

L’interférence des implants mammaires avec l’imagerie cardiaque reste peu abordée, bien que ces dispositifs, en silicone ou en solution saline, puissent altérer la qualité des images et augmenter le risque de faux positifs.

Les implants mammaires sont couramment utilisés depuis les années 1960, tant à des fins esthétiques que reconstructrices. Pourtant, il est difficile d’estimer leur impact réel sur la santé, faute de données fiables sur leur prévalence. Des études récentes utilisant des radiographies thoraciques ont estimé celle-ci à environ 3 à 4 % dans certains pays européens.

Chez la femme, la maladie coronarienne présente un pronostic généralement plus défavorable, à court comme à long terme, comparé à celui des hommes. Elle demeure la première cause de mortalité dans le monde. Elle se manifeste souvent par des symptômes atypiques, ce qui complique le diagnostic. Les examens non invasifs, comme la scintigraphie myocardique (MPI), la tomographie par émission monophotonique (SPECT), la tomographie par émission de positons (PET) ou encore l’échocardiographie, notamment d’effort, sont essentiels. Mais leur fiabilité peut être réduite chez les patientes porteuses d’implants mammaires.

En échographie ou en SPECT, la présence d’implants gêne l’acquisition d’images précises, ce qui augmente le nombre de tests faussement positifs. Ce biais devient d’autant plus préoccupant avec le vieillissement de la population féminine et le recours accru à ces techniques.

Une étude rétrospective à grande échelle (1,87 million de femmes) a comparé les résultats d’examens cardiaques chez des patientes avec ou sans implants. Celles porteuses d’implants, plus jeunes en moyenne, avaient davantage de tests positifs et de coronarographies, mais moins d’interventions coronariennes percutanées (ICP). Même après ajustement sur les facteurs de risque, la présence d’implants restait associée à une baisse du taux d’ICP malgré des examens anormaux.

D’après les résultats de cette étude, les auteurs ont conclu que les femmes porteuses d’implants mammaires :

  • présentent un taux plus élevé de résultats anormaux aux tests cardiaques fonctionnels par rapport à celles sans implants ;
  • subissent plus fréquemment des coronarographies, mais avec un recours plus faible aux interventions coronariennes percutanées (ICP) ;
  • sont exposées à un risque d’altération de la fiabilité des examens cardiaques non invasifs, notamment dans le diagnostic de l’ischémie ;
  • doivent être informées clairement des risques d’interférences liés à leurs implants lors des examens cardiaques, qui peuvent entraîner un recours accru à des examens invasifs.  

 

Medscape du 10 juin 2025.

 

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