Collyres mydriatiques chez l’enfant Les recommandations de l’ANSM // N° 66

 

 

Des enquêtes de pharmacovigilance ont mis en évidence des cas graves de pharmacovigilance, parfois mortels, chez des enfants ayant reçu des collyres mydriatiques (atropine et dérivés, phényléphrine). Le risque d’effets indésirables généraux de ces collyres mydriatiques étant plus élevé chez les enfants que chez les adultes en raison d’un passage systémique potentiel.

C’est pourquoi l’ANSM rappelle dans un rapport publié le 23 mars dernier les règles de bon usage visant à éviter le passage systémique de ces collyres en population pédiatrique, notamment chez le nouveau-né et le prématuré : posologies maximales, intervalle recommandé entre 2 instillations, contre-indications, modalités d’instillation, etc. Ces règles se déclinent comme suit :

  • tenir compte du délai d’obtention de la mydriase, avant une éventuelle réadministration du produit ;
  • limiter l’administration à 1 seule goutte de collyre par œil lors de chaque instillation. L’administration d’une autre goutte ne doit être envisagée que si la première goutte n’a absolument pas atteint l’œil ;
  • ne pas dépasser les posologies maximales recommandées dans un intervalle de temps donné (respecter l’espacement recommandé entre les instillations) ;
  • évaluer soigneusement et prendre en compte les risques supplémentaires liés à une éventuelle comorbidité. Par exemple, la phényléphrine collyre doit être administrée avec précaution chez les patients à risques d’HTA, d’insuffisance coronaire, de troubles du rythme ou d’hyperthyroïdie ;
  • administrer avec précaution chez les patients présentant des symptômes d’une atteinte du système nerveux central ;
  • surveiller étroitement l’enfant durant les 30 minutes suivant l’instillation ;
  • faire plus particulièrement attention au risque de surdosage en cas d’iris foncé, les iris foncés se dilatant moins facilement que les iris clairs.

L’administration des collyres mydriatiques chez le prématuré et le nouveau-né doit être particulièrement prudente en raison notamment : des risques digestifs (distension abdominale, iléus, occlusion) ; et des risques hémodynamiques. Dans cette population, il est recommandé de préférer l’utilisation du tropicamide compte-tenu de son profil de tolérance par rapport à celui de l’atropine, et d’utiliser de la néosynéphrine à 2,5 % ou 1 % (préparation hospitalière) si une association au tropicamide s’avère nécessaire pour obtenir une dilatation optimale.

 

VidalNews N°676 du 30 Mars 2017.

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