Comorbidités dans la BPCO
Un impact pronostique // N°77

 

Chacun sait que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est un problème de santé publique qui se traduit par une morbidité, un handicap et une mortalité élevés.

Ce qui peut être moins connu, c’est la place prise par les comorbidités en raison du vieillissement, des facteurs de risque et de facteurs génétiques. Or, elles sont fréquentes, souvent multiples et doivent être recherchées systématiquement, car elles altèrent le pronostic de la BPCO.

  • C’est ainsi que les maladies cardiovasculaires sont les plus fréquentes, elles surviennent chez 30 % des patients ayant une BPCO : ces patients ont un risque accru d’affections coronariennes, notamment d’infarctus, et la BPCO aggrave les coronaropathies et l’insuffisance cardiaque (IC). L’IC et la BPCO sont l’une pour l’autre un facteur pronostique péjoratif en termes de survie. Il est important de souligner que la prise de bêtabloquants cardio-sélectifs n’est pas contre-indiquée et, qu’à l’inverse, elle pourrait améliorer la survie des patients BPCO en cas d’IC.
  • Les troubles anxieux doivent être recherchés car ils influent sur l’évolution de la maladie. Quant à la dépression, elle affecte entre 20 et 60 % des patients BPCO selon les études et les stades de la BPCO.
  • L’ostéoporose et l’ostéopénie seraient au moins 2 fois plus fréquentes dans la BPCO que dans la population témoin. Les fractures tassements vertébraux sont courantes avec une prévalence variant entre 24 et 41 % selon les études. Elles altèrent la condition respiratoire des patients et limitent leur qualité de vie.
  • L’anémie est observée chez 17 % des patients ayant une BPCO modérée à sévère et chez plus de 20 % des patients hospitalisés. Elle aggrave les symptômes, en particulier la dyspnée, altère la qualité de vie et est un facteur de mauvais pronostic.
  • Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) doit être évoqué sur les signes cliniques habituels nocturnes et diurnes. Les conséquences de cette association sont importantes avec notamment un risque accru d’hospitalisation pour exacerbation et un risque accru de décès.
  • Enfin une BPCO modérée à sévère augmente le risque de diabète avec un risque relatif de 1,4 à 1,5 respectivement. Le diabète altère le pronostic de la BPCO.

 

Le Quotidien du Médecin du 05 mars 2018.

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