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Congrès du sommeil 2024 Femmes-hommes pas égaux ! // N° 150

 

 

Quelles sont les spécificités biologiques et hormonales qui influencent le sommeil des femmes ? Une session du Congrès du Sommeil (Lille, 20-22 novembre 2024) a exploré ce sujet. Avant la puberté, les différences physiologiques entre les sexes restent peu étudiées, mais après celle-ci, des variations marquées apparaissent, liées aux cycles hormonaux et à la ménopause. Chez les femmes jeunes, des fluctuations hormonales influencent la microarchitecture du sommeil, les fuseaux, la respiration et le tonus musculaire. Ces effets seraient liés à l’action des hormones sexuelles sur les voies neuromédiatrices et la régulation circadienne.

Physiologiquement, les femmes ont une proportion légèrement plus importante de sommeil lent que les hommes. Elles ont aussi un sommeil paradoxal plus court, ainsi qu’une durée et une densité des fuseaux du sommeil supérieures aux hommes. Sur le plan pathologique, les femmes souffrent plus fréquemment d’insomnie, d’hypersomnie idiopathique et du syndrome des jambes sans repos, surtout avant la ménopause. En revanche, les troubles respiratoires du sommeil sont moins fréquents avant la ménopause, avec des caractéristiques et une répartition, qui diffèrent entre les sexes.

Si le risque de syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) augmente avec l’IMC, l’association entre les deux est plus forte chez les femmes que chez les hommes. À la ménopause, les micro-éveils liés aux troubles vasomoteurs et la prise de poids associée à l’évolution hormonale vont dans le sens d’une apparition ou d’une aggravation des troubles respiratoires du sommeil. On observe d’ailleurs, sur le plan épidémiologique, un doublement de la prévalence du SAHOS à la ménopause.

Par ailleurs, chez les femmes diagnostiquées pour SAHOS, les symptômes diffèrent de ceux des hommes : elles rapportent plus souvent fatigue, insomnie (COMISA), céphalées matinales et cauchemars, tandis que les hommes signalent davantage de ronflements, d’apnées observées et de somnolence. Les femmes présentent aussi des apnées plus courtes mais davantage de désaturations, ce qui augmente leur risque cardiovasculaire. Les études montrent que les femmes désaturent davantage à apnée équivalente, et que la charge hypoxique, un indicateur clé de la sévérité, est plus associée aux événements cardiovasculaires chez elles.

Quant au traitement par PPC (pression positive continue), il n’y a pas de différence notable entre les sexes en termes d’efficacité ou de choix d’appareillage. Toutefois, l’observance reste essentielle pour réduire le risque cardiovasculaire, avec une efficacité renforcée chez les patients somnolents, hommes ou femmes.

 

Medscape du 17 décembre 2024.

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