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Dégénérescence maculaire liée à l’âge
Les nouvelles recommandations de la HAS ! // N° 129

 

 

La Haute Autorité de santé (HAS) vient de mettre à jour ses recommandations concernant la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), en redéfinissant la stratégie diagnostique et en clarifiant la prise en charge et les traitements disponibles. Elle insiste sur la nécessité d’un repérage plus précoce de la DMLA qui est la première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans.

Destinées en premier lieu aux ophtalmologistes mais aussi aux gériatres et aux médecins généralistes, ces recommandations actualisées, les dernières dataient de 2012, soulignent l’importance de l’autosurveillance, en particulier chez les personnes à risque (antécédents familiaux de DMLA, obésité, tabagisme, régime alimentaire pauvre en oméga 3 ou riche en graisses saturées). C’est ainsi que la HAS préconise qu’à partir de 50 ans, les personnes concernées par un ou plusieurs de ces facteurs de risque devraient surveiller leur vision régulièrement à la fois dans le cadre d’une autosurveillance et à l’occasion de rendez-vous annuel ou tous les deux ans chez l’ophtalmologiste. Cette autosurveillance peut se faire à l’aide de la grille d’Amsler qui aide à détecter une déformation des lignes ou la présence d’un scotome.

La HAS préconise également « une vigilance quotidienne face à la survenue de signes visuels tels que déformation des objets observés, difficultés pour lire malgré une correction adaptée, diminution de la perception des contrastes, gêne en vision nocturne, modification de la vision des couleurs, etc. ».

Si l’autoévaluation est suspecte ou en cas d’apparition d’un signe visuel, il est recommandé de consulter rapidement un ophtalmologiste, « une semaine maximum », indique la HAS. Celui-ci procédera à un examen ophtalmologique clinique complet avec examen approfondi du fond d’œil (FO) et des examens complémentaires, notamment une tomographie par cohérence optique (OCT), voire une angiographie. Grâce au FO, l’ophtalmologiste peut déjà évoquer l’une des deux formes de DMLA, exsudative ou atrophique ; l’OCT permet quant à elle d’analyser les phénomènes d’exsudation et les néovaisseaux de type 2, et les altérations du tissu rétinien. Il est à noter que le document de la HAS indique qu’il est « indispensable d’affirmer la présence de néovaisseaux maculaires » par angiographie à la fluorescéine et/ou angiographie au vert d’indocyanine.

Pour ce qui est du traitement, il est différent selon la forme présentée par le patient. Mais l’arrêt du tabac est conseillé dans tous les cas, et la supplémentation en vitamines antioxydantes et oligominéraux « n’est pas indiquée dans la DMLA, excepté en prévision d’une atteinte du 2e œil ». Le traitement de première intention pour les formes exsudatives repose sur des injections intraoculaires d’un inhibiteur du VEGF. La fréquence d’injection, qui varie selon l’évolution de la maladie, est définie par l’ophtalmologiste qui choisit également la fréquence de la surveillance. Concernant la DMLA atrophique, c’est lorsque la baisse d’acuité visuelle devient invalidante qu’elle est prise en charge grâce à la rééducation orthoptique basse vision.

Enfin, la HAS consacre plusieurs parties de son document à la place de divers professionnels de santé dans le parcours de soin des patients atteints de DMLA. Pour elle, la prise en charge du patient doit être pluridisciplinaire et peut inclure un large panel de professionnels : ophtalmologiste, médecin traitant, orthoptiste, opticien, et, selon les cas, ergothérapeute, rééducateur en locomotion et en activité de vie journalière, psychiatre, psychologue, psychomotricien, assistante sociale et associations de patients.

 

Medscape du 3 janvier 2023.

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