Diabète
5 classes au lieu de 2 ? // N°77

 

Des chercheurs suédois exposent dans « The Lancet Diabetes and Endocrinology » une classification du diabète plus détaillée que la classique définition opposant diabète de type 1 et diabète de type 2. Selon eux, tous les diabètes ne se ressemblent pas, tant en présentation qu’en progression, et il existerait en réalité 5 formes de diabète.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont mené une étude et exploré de plus près cette hétérogénéité dans 4 cohortes scandinaves totalisant près de 14 000 sujets adultes récemment diabétiques. Ils ont ainsi mesuré, calculé ou analysé : la glycémie ; l’âge au diagnostic ; l’indice de masse corporelle (IMC) ; la présence d’anticorps anti-GAD (Glutamate decarboxylase) ; le score de l’insulino-résistance ; leur patrimoine génétique ; leur traitement et les complications liées à la maladie.

En classant l’ensemble de ces données biologiques et cliniques en fonction de leurs valeurs ou de leurs caractéristiques, les investigateurs suédois ont remarqué que 5 types de diabètes se détachaient.

Le 1er groupe (6 %) reprend le diabète de type 1, soit le diabète auto-immun et s’identifie par une apparition précoce dans la vie, une diminution de la sécrétion d’insuline, un mauvais contrôle du métabolisme et la présence des anticorps anti-GAD.

Le diabète de type 2, quant à lui, peut être subdivisé en 4 groupes dont :

  • Groupe 2 : Diabète insulino-déficient sévère (18 %).
Les patients ont une carence insulinique précoce, une résistance modérée à l’insuline, un IMC peu élevé, mais une absence d’auto-anticorps les différenciant du groupe 1. La prescription l’insuline est fortement encouragée. Ce groupe se caractérise par une fréquence plus élevée de rétinopathies diabétiques.
  • Groupe 3 : Diabète insulino-résistant sévère (15 %).
Dans ce groupe, les patients ont un IMC élevé avec une résistance sévère à l’insuline.
Ces individus présentent une fréquence plus élevée d’atteintes rénales avec un risque d’insuffisance rénale élevé par rapport aux autres groupes.
  • Groupe 4 : Diabète modéré lié à l’obésité (22 %).
Ce groupe comprend les patients avec un IMC élevé, et un diabète apparaissant à un jeune âge.
  • Groupe 5 : Diabète modéré lié à l’âge (39 %).
Les patients sont en général plus âgés et leurs perturbations métaboliques sont modérées.

D’après les auteurs, la progression de la maladie diabétique n’est pas la même entre les quatre sous-types de diabète de type 2, ce qui ouvre la voie à une approche thérapeutique individualisée.

Pour affirmer ou infirmer l’universalité de cette subdivision du diabète, d’autres travaux du même type sont en cours avec des populations chinoises ou indiennes.

 

Le Quotidien du Médecin du 06 mars 2018.

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