Diabète de type 2 et supplémentation en vitamine D
Quel lien ? // N°73

 

De multiples études ont été publiées sur les effets de la supplémentation vitaminique et le diabète de type 2, mais leurs résultats sont contradictoires. De plus, les liens entre vitamine D et diabète sont variés : les effets anti-inflammatoires et immuno-modulateurs de la vitamine D pourraient diminuer l’expression de cytokines pro-inflammatoires impliquées dans la résistance à l’insuline.
A un niveau cellulaire, la forme active de la vitamine D régule l’expression du gène du récepteur à l’insuline, facilite le transport du glucose au sein des cellules musculaires et diminue l’expression du gène de la rénine associée à l’hyperglycémie. Enfin, l’augmentation de la PTH en réponse à un déficit en vitamine D pourrait diminuer le relargage d’insuline par les cellules β pancréatiques.
L’objectif de ce travail est d’évaluer l’influence du statut vitaminique sur l’équilibre glycémique et les paramètres d’insulino-sensibilité. Seules les études prospectives évaluant l’impact de la supplémentation en vitamine D sur l’hémoglobine glyquée (HbA1c), la glycémie à jeun et l’index d’insulino-résistance ont été sélectionnées. Sur un total de 844 entrées, 24 études contrôlées ont été sélectionnées incluant 1528 patients diabétiques de type 2.
La méta-analyse retrouve une réduction significative de l’HbA1c (en moyenne de 0,30 %), de la glycémie à jeun (en moyenne 0,049 g/l) et de l’index d’insulino-résistance HOMA-IR après supplémentation en vitamine D et augmentation significative des taux de 25 (OH) Vitamine D (augmentation globale de 17±2,4 ng/ml).
L’ajout d’une supplémentation calcique majorerait légèrement la diminution de l’HbA1c. L’effet de la supplémentation en vitamine D était plus important chez les patients non obèses, probablement secondaire à la non adaptation de la supplémentation au poids du patient. Ainsi, les patients obèses pourraient ne pas avoir reçu de doses suffisantes.
Les résultats de cette méta-analyse suggèrent qu’une supplémentation en vitamine D d’un minimum de 4000 UI/jour, pourrait réduire significativement la glycémie à jeun, l’HbA1c et l’insulino-résistance et pourrait ainsi participer à l’amélioration de l’équilibre glycémique et de l’insulino-sensibilité de patients diabétiques.

 

J Clin Endocrinol Metab 2017;102:3097-110.

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