Diagnostic de l’insuffisance cardiaque : Le bon usage des peptides natriurétiques //N°111

 

Le dosage des peptides NT-proBNP (fragment N-terminal du proBNP) peut être utilisé pour préciser le diagnostic d’insuffisance cardiaque dans quelques situations spécifiques en médecine ambulatoire. Cependant, le seuil inférieur permettant d’exclure le diagnostic diffère selon les recommandations. Des chercheurs britanniques ont ainsi souhaité comparer les seuils définis au niveau national (recommandations NICE, <400 ng/L) et européennes (recommandations ESC, <125 ng/mL) à partir de deux importantes cohortes européennes et évaluer s’il permettait aussi de discriminer les patients selon le type d’insuffisance cardiaque (IC), avec fraction d’éjection préservée (FEp) ou réduite (FEr).

La première cohorte (REFER) utilisée par les investigateurs l’avait été pour valider un outil décisionnel dans l’IC basé sur des éléments cliniques et/ou le dosage du NT-proBNP. La seconde (UHFO) avait été utilisée pour valider un outil prédictif clinique de l’IC en soins primaires. Au total, les données de 1073 patients ont été poolés (dont 37,1 % d’hommes, 71,7 ans d’âge moyen) parmi lesquels 313 avaient été diagnostiqués comme souffrant d’IC, dont 48,2 % associés à une FEr.

Les résultats ont montré que « Le seuil de NT-proBNP de l’ESC fixé à 125 ng/L permet une détection plus fine de l’insuffisance cardiaque en soins primaires que la valeur plus élevée choisie par les recommandations du NICE britannique ». En effet, pour 1000 personnes de plus de 70 ans dont 36 % ont une IC, le seuil préconisé par l’ESC permet d’exclure 92 sujets de plus que le seuil du NICE, tout en en repérant 113 de plus.

« Davantage de données prospectives sont requises pour établir le seuil de NT-proBNP optimal pour détecter l’IC en médecine générale », concluent néanmoins les auteurs.

 

Medscape du 27 avril 2021.

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