Diagnostic et prise en charge de l’endométriose
Nouvelles recommandations de la HAS et du CNGOF // N°76

 

 

Douze ans après leurs derniers travaux sur le sujet, la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ont actualisé leurs recommandations relatives à la prise en charge de l’endométriose.

Parce que la prise en charge de l’endométriose souffre fréquemment d’un manque de coordination à l’origine d’errance médicale, ces nouvelles recommandations abordent chaque étape de la prise en charge et promeuvent une approche multidisciplinaire et individualisée en fonction des symptômes et des attentes des patientes, si possible au sein de centres spécialisés. L’accent est également mis sur l’importance de fournir une information claire aux patientes sur les différentes options thérapeutiques, tout au long de leur prise en charge.

Ainsi selon les nouvelles recommandations, le diagnostic initial de l’endométriose repose tout d’abord sur les symptômes évocateurs, qui doivent alerter les proches et les professionnels de santé.

Parfois asymptomatique, sa forme maladie se caractérise le plus souvent par des douleurs intenses pelviennes (ou abdomino-pelviennes) aiguës ou chroniques, se manifestant ou s’accentuant pendant les règles (dysménorrhée) et/ou les rapports sexuels (dyspareunie), voire survenant lors de l’émission d’urine ou de selles (en particulier pendant les règles). Par ailleurs, dans 25 à 50 % des cas, l’endométriose est à l’origine d’une infertilité, qui peut aussi être un motif de consultation.

En cas de doute sur l’existence d’une endométriose suite à un recueil de symptômes évocateurs, la HAS et le CNGOF rappellent qu’il faut pratiquer un examen gynécologique (en particulier du cul-de-sac vaginal postérieur, à la recherche d’une rigidité, de nodules) et une échographie pelvienne, à la recherche de lésions profondes évocatrices. L’examen gynécologique orienté, l’échographie endovaginale et l’IRM pelvienne sont à réserver en cas de discordance entre l’imagerie échographique et les symptômes, en fonction du type d’endométriose suspecté et de la stratégie thérapeutique envisagée. La cœlioscopie n’est recommandée que si les examens complémentaires précédents ont révélé des résultats discordants ou pour affiner une stratégie d’éventuel traitement chirurgical. Les experts de la HAS et du CNGOF recommandent également que la prise en charge de l’endométriose soit faite par des équipes pluridisciplinaires comprenant des radiologues spécialisés, des gynécologues médicaux, des chirurgiens gynécologiques, urologues et digestifs, des praticiens de la douleur et des psychologues. Cette prise en charge doit être individualisée en fonction des symptômes et des attentes des patientes. Ils rappellent que l’objectif premier du traitement médical de l’endométriose est de réduire ou supprimer les douleurs.

Lorsque la patiente n’exprime pas de désir de grossesse, le traitement de l’endométriose repose en 1re intention sur un traitement hormonal par contraception estroprogestative ou par la pose d’un stérilet hormonal délivrant du lévonorgestrel. Les agonistes de la GnRH, sont réservés aux cas où les traitements de 1re intention sont restés insuffisants. Ils doivent impérativement être associés à un progestatif et à un œstrogène pour prévenir le risque d’ostéoporose. Le traitement chirurgical n’est, quant à lui, envisagé qu’en cas d’échec des traitements médicaux ou pour rétablir la fertilité.

 

VidalNews N°710 du 25 janvier 2018.

Chargement...