Douleur en rhumatologie : Des nouveautés dans la prise en charge // N° 120

 

Si l’actualité médicamenteuse a peu progressé dans le domaine de la douleur en rhumatologie, de nouvelles données de recherche et des traitements non médicamenteux viennent enrichir sa prise en charge. Ces données et traitements ont été dévoilés sous forme de nouvelles recommandations lors du 34e Congrès français de rhumatologie qui a eu lieu du 12 au 14 décembre à Paris.

Les nouvelles recommandations insistent sur la prévention du mésusage des opioïdes, le repérage des patients à risque et leur suivi lors d’une prescription d’opioïdes, afin d’éviter leurs effets indésirables. Il a été rappelé que si les opioïdes « faibles » ont une place dans la douleur chronique pour des patients bien sélectionnés et suivis, ce n’est pas le cas des produits « forts ». Par ailleurs dans les douleurs nociceptives aiguës, les paliers 1, 2, 3 de l’OMS ont longtemps été utilisés, or d’après les spécialistes, ces paliers n’ont pas de validité en rhumatologie. Un anti-inflammatoire sera souvent plus efficace que la morphine dans une poussée d’arthrite. Certains produits, dont les risques sont connus, sont à éviter particulièrement comme le fentanyl qui n’a pas sa place dans les douleurs non cancéreuses. Les recommandations sont donc assez restrictives et précisent bien le caractère exceptionnel de l’utilisation des opioïdes en rhumatologie et des conditions de leurs prescriptions.

Dans ces recommandations, les effets positifs de l’association des plantes curcumine, bromélaïne et harpagophytum ont également été rapportés. En effet, leur utilisation concomitante (et non séparément) a une action anti-inflammatoire et anti-catabolique synergique au niveau des cellules synoviales humaines et permet une réduction de l’expression des gènes et la libération de protéines impliquées dans la progression de l’arthrose et la douleur associée, en particulier grâce à un effet inhibiteur du nerve growth factor (NGF).

Quant à l’activité physique, il a été souligné que globalement, toutes les activités physiques sont au cœur de la prise en charge rhumatologique car l’appareil locomoteur doit être entraîné régulièrement. L’association de différents types d’exercices, aérobie et anaérobie, induit une meilleure efficacité. L’aérobie a un effet plus systémique et aussi anti-inflammatoire. L’anaérobie a un effet sur le renforcement musculaire. Un muscle de bonne qualité a un rôle de flexibilité du mouvement, de stabilisation et de protection des articulations. L’activité physique a également des effets antalgiques directs sur la douleur intervenant au niveau périphérique et au niveau du cerveau. L’exercice physique a donc des effets bénéfiques multiples, directs ou indirects, sur les rhumatismes, sur l’inflammation, sur la douleur. Il est recommandé de façon systématique (et adaptée) pour tous les patients, à tous les âges et pour toutes maladies. Et en cas de poussées, l’intensité de l’effort et de l’activité doit être réduite mais pas supprimée, contrairement à ce qui était d’usage auparavant.

 

Medscape du 25 janvier 2022.

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