Douleurs nociplastiques
Une nouvelle entité à connaître ! // N° 125

 

 

À côté des douleurs nociceptives et neuropathiques, des douleurs appelées nociplastiques ont été individualisées depuis peu par l’Association internationale d’étude de la douleur [International Association for the Study of Pain (IASP)].

En effet, l’IASP a, pendant longtemps, distingué deux types de douleurs :

  • les douleurs nociceptives, liées à la stimulation de fibres sensitives périphériques par une lésion périphérique quelle qu’elle soit ;
  • et les douleurs neuropathiques, liées à une lésion ou une maladie bien individualisée du système nerveux périphérique ou central.

Aujourd’hui, des douleurs d’un 3e type sont reconnues, les douleurs nociplastiques, dont fait partie la fibromyalgie, et qui découlent d’une altération de la nociception, sans stimulation des nocicepteurs périphériques ni atteinte nerveuse. Selon les experts, « Il s’agit d’une atteinte plus fonctionnelle, qui découlerait d’une réponse exagérée aux stimuli douloureux au niveau de la corne postérieure de la moelle et au niveau cérébral avec une altération des contrôles inhibiteurs de la douleur, autrement nommée sensibilisation centrale ».

Ces douleurs nociplastiques ont une sémiologie proche des douleurs neuropathiques. Elles sont certes diffuses, mais elles sont à type de brûlures, d’allodynie ou encore d’hyperalgésie. Elles peuvent être isolées, comme dans la fibromyalgie, ou associées à des douleurs d’un autre type, notamment nociceptives, chez des patients atteints d’un rhumatisme inflammatoire ou d’une arthrose. Une douleur de type nociceptif peut d’ailleurs évoluer vers une douleur nociplastique, même en cas de contrôle de la pathologie initiale. Ce type d’évolution se rencontre notamment dans les spondylarthropathies (SA), certains patients se plaignant de la persistance de douleurs diffuses malgré un traitement efficace de la SA.

L’impact des douleurs nociplastiques, qui toucheraient de 20 à 30 % des patients ayant un rhumatisme inflammatoire, peut être très important sur la qualité de vie et sur le plan fonctionnel. Ces douleurs peuvent en particulier perturber l’évaluation de l’activité du rhumatisme inflammatoire. C’est pourquoi, il est essentiel de reconnaître cet état de « sensibilisation centrale » et de s’attacher, face à une personne rapportant des douleurs de type nociplastique, à rechercher d’autres symptômes fréquemment associés : fatigue, troubles du sommeil, douleurs abdominales, céphalées, anxiété, dépression, troubles cognitifs comme la kinésiophobie, le catastrophisme…

 

VidalNews du 21 juillet 2022.

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