e-EULAR 2021 : Une nouvelle option thérapeutique pour le lupus ! // N° 113

 

 

Si la maladie lupique semblait rester à l’arrière-plan en matière d’innovation thérapeutique du fait des progrès thérapeutiques considérables réalisés dans la polyarthrite rhumatoïde et les spondyloarthrites, aujourd’hui ce n’est plus le cas.

En effet, un anticorps dirigé contre un récepteur de l’interféron de type I a démontré son efficacité sur les symptômes les plus couramment associés, articulaires et cutanés, du lupus érythémateux systémique (LES). Il s’agit de l’anifrolumab, un anticorps monoclonal humain IgG1κ dirigé contre le récepteur des IFNa. Les résultats montrent qu’il neutralise la signature IFN sans effet indésirable majeur.

En combinant les données des études TULIP-1 et TULIP-2 et en tenant compte de la signature interféron, des chercheurs ont évalué l’efficacité de l’anifrolumab sur les symptômes articulaires et cutanés du LES. Ces deux essais contrôlés versus placebo ont inclus 360 patients avec un LES objectivé, randomisés pour recevoir l’anifrolumab 300 mg en IV toutes les 4 semaines ou un placebo. Les patients avaient bénéficié d’une analyse de la signature interféron. A 52 semaines, on observe une amélioration significative des lésions cutanées sous anifrolumab sur base du SLEDAI-2 K (Systemic Lupus Erythematosus Disease Activity Index 2000) (p <0,001), du BILAG avec une diminution ≥1 du niveau de gravité (p <0,001) et du mCLASI (Lupus Erythematosus Disease Area and Severity Index) (p <0,001). L’amélioration est grande chez les patients qui présentent une signature interféron élevée mais faible chez les patients avec une signature interféron faible. Sur le plan des lésions articulaires, la proportion de patients présentant une résolution des arthrites sur base du SLEDAI-2K est plus importante sous anifrolumab, de même que la diminution du BILAG et la diminution ≥50 % du nombre d’articulations douloureuses ou gonflées. De la même façon, les résultats sont significatifs en cas de signature interféron élevée mais moins probants en cas de signature interféron faible.

Globalement ces données suggèrent que l’anifrolumab améliore les symptômes cutanés et articulaires. Le résultat est acquis chez les patients qui présentent une signature interféron élevée. Mais l’effet sur les lésions articulaires s’observe également chez les patients avec une signature interféron faible. Si cet anticorps anti-récepteur de l’interféron de type 1 poursuit son chemin, il faudra préalablement tester ces patients quant à leur signature interféron, ce qui peut poser quelques problèmes en pratique quotidienne.

 

Rhumato.net European League Against Rhumatism (EULAR) ; e-congrès 2021 (2-5 juin 2021).

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