Edito N° 106 // Décembre 2020

L’hydatidose, appelée également « maladie des mains sales », est une anthropozoonose cosmopolite qui correspond au développement dans le thorax de larves du tænia Ecchinococcus Granulosus. Elle sévit dans les régions de pâturage tempérées des cinq continents, notamment dans les pays d’élevage des ovins où le contact chien-mouton est constant : « L’hydatidose suit le mouton comme son ombre ». 

Elle constitue un véritable problème de santé publique dans les zones endémiques notamment le Maroc. Elle peut être primitive, résultat d’une dissémination par infestation massive, ou secondaire par ensemencement suite à la rupture d’un kyste primitif surtout cardiaque dans la circulation sanguine. Tous les compartiments thoraciques peuvent être atteints, incluant le siège pleuro-pulmonaire, médiastinal, cardio-péricardique, pariétal thoracique, diaphragmatique et les gros vaisseaux médiastinaux. Et bien qu’il s’agisse d’une parasitose bénigne, l’hydatidose dans sa forme multiple est rare mais elle est aussi grave par ses complications mécaniques et infectieuses sévères. Son diagnostic est facile, reposant essentiellement sur les données épidémiologiques, cliniques, radiologiques et sérologiques. 

Sur le plan thérapeutique, le traitement médical est la seule alternative concernant les formes multiples. Cependant, le traitement chirurgical reste efficace pour les kystes localisés, peu nombreux et ayant régressé après le traitement médical.

L’hydatidose impose une prophylaxie de grande envergure, basée sur l’interruption du cycle parasitaire, ce qui nécessite une parfaite synchronisation entre les secteurs de santé et ceux de l’agriculture ainsi qu’une attention particulière des pouvoirs publiques. Les mesures de prophylaxie de l’hydatidose sont théoriquement simples à formuler, mais malheureusement bien plus difficiles à appliquer sur le terrain, notamment dans le monde rural. 

 

 

 

 

 

Dr Nahid  ZAGHBA

Service des maladies respiratoires, CHU Ibn Rochd – Casablanca

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