Edito N° 105 // Novembre 2020

La pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR) est un rhumatisme inflammatoire chronique d’étiologie indéterminée, touchant les adultes de plus de 60 ans, plus fréquement les femmes. Chez environ 15 % des cas, elle s’accompagne de la vascularite de Horton, dont sa recherche est essentielle car il s’agit d’une urgence diagnostique et thérapeutique.

Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments, après élimination des principales affections ressemblant à ce syndrome et justifiant un traitement particulier. Il existe plusieurs critères de classification. Les plus récents sont ceux de l’ACR/ EULAR qui ont été établis avec ou sans échographie. 

Les critères significativement associés au diagnostic sont la raideur matinale des ceintures scapulaires et/ou pelviennes de plus de 45 minutes, douleur ou limitation des épaules et/ou des hanches, syndrome inflammatoire biologique, absence de facteur rhumatoïde et ACPA (anticorps antiprotéines citrullinées), et absence d’autres atteintes articulaires. L’inclusion de l’échographie aux nouveaux critères contribue, à côté de la CRP, au diagnostic paraclinique de la PPR. Par ailleurs, la tomographie par émission de positon est certes l’examen le plus performant mais d’accessibilité difficile pour être généralisée. 

La stratégie thérapeutique initiale clé repose sur la prescription de la prednisone entre 12,5 et 25 mg/j tout en faisant attention au terrain sous-jacent. Le respect du schéma de décroissance lente qui est bien déterminé est indispensable pour éviter les rechutes. Le méthotrexate peut être associé en cas de facteurs de risque d’effet secondaire, de corticodépendance, de récidive ou de traitement prolongé. En cas de facteurs de risque de mauvaise tolérance ou de récidive, l’alternative thérapeutique actuelle est le traitement par l’anti-IL6. À l’inverse, les anti-TNFα semblent être inefficaces. 

Le suivi peut avoir recours au score d’activité : DAS-PPR. L’existence d’une non-réponse à la corticothérapie doit faire évoquer également la maladie d’Horton, une néoplasie ou une infection. 

Dans ce numéro, on traitera les différents aspects de cette pathologie, de la physiopathologie au traitement, en passant par les modalités diagnostiques et les actualités disponibles. 

Nassar, S. Janani

Service de Rhumatologie

CHU Ibn Rochd – Casablanca

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