Edito N° 116 // Novembre 2021

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est une pathologie fonctionnelle bénigne, très fréquente dans la population générale. La prévalence du RGO varie selon les tranches d’âge, le sexe ainsi que l’état physiologique des patients. Le diagnostic positif est essentiellement clinique, il repose sur la présence de pyrosis et/ou de régurgitations souvent acides. Les manifestations extradigestives du RGO sont moins fréquentes mais peuvent être le seul signe de la maladie, elles sont cependant soit inaugurales ou secondaires à un RGO apparent, soit occultes.

La fibroscopie œsogastroduodénale est l’examen de première intention en cas de signes atypiques ou d’alarme, elle permet de poser indirectement le diagnostic d’un RGO en mettant en évidence une œsophagite ; néanmoins, une fibroscopie normale n’exclut pas le diagnostic. Quant aux examens fonctionnels qui sont souvent demandés en deuxième intention, ils sont considérés comme étant un moyen spécifique et sensible ; la pH-métrie et la pH-impédancemétrie sont les meilleurs examens pour un diagnostic de certitude du RGO, le premier permet de détecter les RGO acides et le second les RGO acides, non acides et gazeux.

Les objectifs thérapeutiques dans la prise en charge du RGO visent non seulement à contrôler les symptômes à court et à long terme, mais aussi à la prévention des récidives, et l’amélioration de la qualité de vie des patients. Les mesures hygiéno-diététiques et le traitement médical à base d’alginates/antiacides ou d’antagonistes des récepteurs H2, sont efficaces sur les symptômes de reflux intermittent non compliqué dans la majorité des cas. En cas de réponse insuffisante au protocole initial ou chez les patients avec des symptômes rapprochés ou présentant une œsophagite, le recours aux inhibiteurs de la pompe à protons permet une amélioration des symptômes et une cicatrisation des lésions endoscopiques.

Dans 40 % des cas, le reflux est malheureusement réfractaire aux traitements usuels, imposant le passage à un traitement de deuxième ligne afin de restaurer la barrière anti-reflux qui est l’élément essentiel dans la physiopathologie du RGO. Ceci peut se faire soit par voie endoscopique dans certains centres experts soit par chirurgie cœlioscopique qui est actuellement bien codifiée. Le traitement chirurgical est généralement proposé aux patients jeunes sans comorbidités et qui nécessitent un traitement d’entretien continu.

Nous aborderons à travers ce dossier thématique les différents aspects du RGO, du diagnostic au traitement, en consacrant un chapitre au RGO réfractaire qui devient de plus en plus fréquent.

 

 

                                                                                                               Pr Ihsane MELLOUKI

Chef de service d’hépato-gastroentérologie, CHU de Tanger – Tanger

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