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Edito N° 150 // Janvier

L’infertilité masculine est un sujet de préoccupation mondiale qui n’épargne aucune région du monde. Le dernier rapport sur l’infertilité de l’OMS paru en 2023 annonce que l’infertilité concerne environ 17,5 % de la population adulte mondiale, soit une personne sur six. Les chercheurs dans ce domaine ont par ailleurs rapporté un déclin de la capacité de reproduction des hommes à travers les années, puisque le nombre de spermatozoïdes produits par un homme a diminué de moitié au cours des 50 dernières années. Ce constat alarmant a été rattaché au mode de vie actuel, à la sédentarité et au surpoids, à la consommation de tabac, d’alcool, à l’exposition aux polluants divers et à la propagation des IST. Par conséquent, le premier conseil à donner aux hommes désireux d’avoir des enfants est d’arrêter de fumer et de boire, de manger plus équilibré et de faire de l’exercice en vue de créer les meilleures conditions de fertilité. De multiples autres causes peuvent altérer la fertilité masculine. Il peut s’agir de causes génétiques, hormonales, vasculaires ou canalaires dont le diagnostic étiologique précis doit suivre une démarche codifiée par des algorithmes de conduite diagnostique dans lesquels l’examen clinique, le spermogramme et l’échographie scrotale sont obligatoirement prescrits et vont conditionner la suite de la recherche étiologique. L’issue thérapeutique est étroitement liée à cette recherche étiologique afin d’adapter la thérapeutique en fonction des causes identifiées, et éviter les dépenses inutiles avec des résultats hasardeux. La supplémentation par les antioxydants a prouvé une certaine efficacité chez les hommes dont l’hypofertilité est en rapport avec les effets néfastes du stress oxydant. Les thérapeutiques chirurgicales seront proposées en cas de varicocèle ou de sténose des voies spermatiques. L’assistance médicale à la procréation réunit plusieurs techniques notamment l’insémination intra-utérine, la fécondation in vitro (FIV) et l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Si cette option thérapeutique est une solution pour aboutir à une grossesse, ses indications doivent être pesées car les taux de réussite ne dépassent pas en moyenne les 25 % par cycle, le fardeau supporté par les femmes est contraignant et les coûts financiers restent élevés par rapport au niveau de vie dans notre pays. Dans ce dossier, les auteurs ont résumé les principales recommandations afin de permettre aux professionnels de maitriser les différents aspects de l’infertilité masculine, d’optimiser leurs prescriptions des examens paracliniques et des thérapeutiques, et de mieux conseiller les couples désireux d’atteindre la parentalité.

 

Pr Rachid ABOUTAIEB

Coordinateur du Diplôme Universitaire d’Andrologie et de fertilité, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Casablanca

Chef de Service d’Urologie, CHU Ibn Rochd – Casablanca

Directeur du Laboratoire de Santé Sexuelle et Reproductive, CHU Ibn Rochd – Casablanca

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