Edito N° 72 // Novembre 2017

Les infections respiratoires aiguës basses (IRAB) forment un groupe hétérogène comportant trois entités : les bronchites aiguës, les exacerbations aiguës de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), et les pneumonies aiguës communautaires. Les infections respiratoires basses sont fréquentes et augmentent avec l’âge. Elles sont dues à des pathogènes qui diffèrent suivant les âges de la vie. La gravité et le pronostic de ces affections sont très divers selon l’agent causal et le terrain sur lequel elles surviennent. Elles sont une source de morbidité et de mortalité importantes. Environ la moitié des consultations pour IRAB concerne les sujets de 16 à 64 ans. L’IRAB représente 26 % de la pathologie infectieuse. L’incidence des pneumonies est 5/1000 des pathologies infectieuses et de 10 % des infections respiratoires basses. Ces dernières représentent la troisième cause de mortalité dans le monde et la première cause de mortalité en France parmi les maladies infectieuses, dont 2-15 % des pneumonies. Elles constituent également la première cause de consommation d’antibiotiques.

Les deux principales difficultés diagnostiques de ces infections sont de déterminer la présence d’une participation alvéolaire au processus infectieux et de définir l’agent (ou les agents) pathogènes. Ces deux éléments vont conditionner la prise en charge thérapeutique. En dehors de l’examen physique, indispensable dans ce contexte, seule la radiographie thoracique pourra, en cas de persistance d’un doute, permettre de confirmer la présence d’une participation alvéolaire. Le diagnostic microbiologique pose la question de sa nécessité systématique et celui de sa valeur. Il n’est pas indispensable de réaliser un diagnostic microbiologique de certitude dans tous les cas. La décision de documentation doit répondre à deux impératifs : faisabilité et valeur diagnostique.

 

Pr Nahid ZAGHBA

Service des Maladies respiratoires « P25 »

CHU Ibn Rochd – Casablanca

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