Edito N° 85 // janvier 2019

La réanimation néonatale commence par une évaluation correcte de la grossesse, une anticipation des facteurs de risque anténataux (pathologies gestationnelles comme l’hypertension artérielle gravidique, le diabète gestationnel, les grossesses multiples) et périnataux (l’asphyxie périnatale, le risque infectieux) et une préparation du matériel en salle de naissance. Une fois le nouveau-né reçu en table chauffante, il faut réaliser une appréciation rapide de son état en utilisant le score d’Apgar qui se base essentiellement sur la fréquence cardiaque, la respiration, le tonus, la réactivité et la couleur, et parallèlement des interventions thérapeutiques classiques ou avancées en établissant le rôle de chaque intervenant.

Au début, quand on commence à avoir recours à la réanimation néonatale, on s’imagine qu’il suffit de connaître les gestes tels que la ventilation au masque, l’intubation, la mise en place du cathétérisme ombilical et du cathéter épicutanéo-cave pour réanimer un nouveau-né, puis la seconde étape étant de perfectionner ces gestes d’urgence. Par la suite, se posent les questions suivantes : Faut-il faire ces gestes ? Apporteront-ils un bénéfice réel à la prise en charge ou vont-ils exposer le nouveau-né à des complications iatrogènes ? C’est ainsi que la réanimation néonatale a nettement évoluée ces dernières années. On est passé d’une prise en charge invasive où l’intubation  ventilation assistée était la règle avec une forte oxygénation et une alimentation parentérale prolongée à une prise en charge moins agressive.

Par ailleurs dans certaines situations comme la prématurité extrême ou la présence de malformations congénitales graves, la réanimation néonatale pose des problèmes d’ordre éthique : faut-il réanimer ou non ? Et si on a commencé la réanimation quand et faut-il l’arrêter ? Certes, l’OMS a établi des recommandations claires mais elles restent parfois difficiles à  respecter, car sur le plan pratique, le pédiatre fait appel à un troisième intervenant que sont les parents et le coût d’une réanimation prolongée par rapport aux attentes.

Tout ce volet de réanimation ne peut et ne pourra se concevoir et surtout s’améliorer sans une implication et une coopération étroite entre les obstétriciens, les sages femmes et les pédiatres qui assurent cette prise en charge.

 

Pr Abderrahim HABZI

Chef de Service de Néonatalogie

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