Edito N° 86 // Février 2019

La Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) se définit comme une maladie chronique inflammatoire, lentement progressive atteignant les bronches. Cette affection est caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits aériens. Le tabagisme est le principal facteur de risque. Sa prévalence est de 5 à 10 % dans les pays industrialisés, elle représente la 4e cause de mortalité dans le monde, et la 3e cause de décès d’ici 2020. Les signes cliniques sont non spécifiques : toux chronique, expectorations, dyspnée, ce qui retarde le diagnostic et donc la prise en charge. Seule la mise en évidence d’un trouble obstructif, peu ou pas réversible sous broncho-dilatateur à la spirométrie, permet de faire le diagnostic et d’évaluer la gravité de la maladie. Une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire afin de limiter les complications et d’améliorer la qualité de la vie. Les co-morbidités (cardiopathies ischémiques, accidents vasculaires cérébraux, cachexie) grèvent le pronostic de survie des malades atteints de cette affection. Des exacerbations aiguës, notamment à l’occasion d’épisodes infectieux, peuvent engager le pronostic vital. L’arrêt de l’exposition aux risques, notamment du tabac, permet, quel que soit le stade évolutif de la maladie, la stabilisation ou la récupération de la fonction respiratoire.

Dans ce numéro, nous mettons le point sur l’épidémiologie et la physiopathologie de cette pathologie liée essentiellement au tabac, nous développerons ses modalités de diagnostic et de prise en charge ainsi que la conduite à tenir face à ses complications, notamment l’exacerbation aiguë de la BPCO qui est responsable d’une mortalité significative et d’un coût socio-économique important.

 

Dr Sara ZAIDANE

Service des maladies respiratoires

CHU Ibn Rochd – Casablanca

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