Edito N° 92 // Septembre 2019

Au Maroc, on prévoit que le nombre par an de nouveaux patients en insuffisance rénale chronique sera de 3000. La transplantation rénale est devenue le traitement le plus efficace en cas de défaillance de la fonction rénale. Elle traite, elle améliore la qualité de vie et elle est moins couteuse que la dialyse. La première transplantation rénale réalisée au Maroc était en 1986. Actuellement, elle est devenue un acte de routine.

La transplantation rénale est le transfert d’un rein d’un donneur à un receveur. Toute différence antigénique entre le donneur et le receveur, conduira à une réponse immunitaire qui se traduit par le rejet immunologique du greffon. Ce type de rejet reste encore, à l’heure actuelle, un problème majeur en transplantation rénale, car il peut conduire à une perte de la fonction rénale du greffon. Il est le résultat d’une réaction immunitaire normale d’un receveur vis-à-vis d’un antigène étranger. Cette réaction de l’immunité innée et adaptative, va provoquer des lésions du tissu rénal pouvant aller jusqu’à la destruction du greffon et sa défaillance.

La compréhension des mécanismes immunologiques mis en jeu lors de la reconnaissance allogénique et du rejet a permis de développer des stratégies préventives, de surveillance et de traitement immunosuppresseur.

La recherche d’une meilleure compatibilité entre le donneur et le receveur concernant les groupes sanguins ABO a permis d’éviter le rejet hyperaigu. Actuellement dans le contexte de besoins importants de greffons rénaux, certaines équipes ont autorisé une transplantation rénale ABO incompatible tout en évitant un rejet humoral du greffon par l’application d’une stratégie thérapeutique immunosuppressive, efficace et une surveillance stricte des patients transplantés.

Afin d’établir une meilleure compatibilité HLA, la recherche des anticorps anti-HLA chez le receveur est réalisée pour évaluer son état d’immunisation. Pour prévenir un rejet hyperaigu, la présence chez un receveur d’un anticorps anti-HLA anti-donneur contre-indique la transplantation rénale. En outre, un traitement immunosuppresseur préventif est indispensable pour diminuer la réaction du système immunitaire.

Malgré tous ces moyens préventifs mis en jeu, une surveillance après la transplantation est obligatoire, par la recherche d’anticorps anti-HLA car leur apparition peut entrainer un rejet aigu ou même chronique. Dans ce cas, pour éviter ou réduire le risque de rejet, une thérapie immunosuppressive efficace est indiquée. Parfois, en cas de présence de signes cliniques de rejet ou une altération de la fonction rénale, une biopsie est indiquée à la recherche de marqueurs pouvant diagnostiquer un rejet immunologique.

Malgré tous les progrès réalisés dans le domaine de la transplantation, la survie des greffons rénaux à long terme reste limitée, nécessitant des recherches à fin de rendre le système immunitaire plus tolérant au greffon.

 

Pr Ouahiba BHALLIL

Service d’immunologie, Laboratoire central d’analyses médicales, CHU Hassan II – Fès

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Faculté de médecine et de pharmacie – Fès.

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