Etude génomique TAILORx
La chimio souvent inutile ! // N°80

 

 

Si en 2016, l’essai prospectif européen MINDACT avait déjà montré que de nombreuses patientes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce pouvaient éviter la chimiothérapie adjuvante si le score de risque au test génétique pronostique MammaPrint® (Agendia) était faible, aujourd’hui avec l’étude prospective TAILORx, présentée en séance plénière du congrès de l’ASCO 2018, il est clairement montré que la chimiothérapie pourrait être évitée chez environ 70 % de ces femmes.

L’essai Trial Assigning Individualized Options for TReatment (TAILORx) a enrôlé 10273 femmes RH+, HER-2-, sans atteinte des ganglions. Parmi elles, 6711 avaient un score de récidive intermédiaire de 11-25 et ont été randomisées pour recevoir soit une hormonothérapie seule, soit une association d’hormonothérapie et de chimiothérapie. Les participantes ont été suivies 7,5 ans en moyenne.

Le critère primaire d’évaluation était la survie sans progression et les critères secondaires un cancer secondaire touchant l’autre sein ou un autre organe ou un décès toutes causes.

Après 7,5 ans de suivi en moyenne de ces femmes avec un score de risque intermédiaire, la survie sans progression n’était pas améliorée chez les femmes qui recevaient de la chimiothérapie en plus de l’hormonothérapie. A 9 ans, le taux de survie sans progression était similaire dans les deux bras de traitement (83,3 % vs 84,3 %) ainsi que la récidive à distance (94,5 % vs 95 %) et la survie globale (93,9 % vs 93,8 %). Globalement, l’ajout de la chimiothérapie n’apportait donc pas de bénéfice à ces femmes. Toutefois, dans une analyse de sous-groupe, les chercheurs ont montré que les femmes de 50 ans ou moins et dont le score de risque était compris entre 16 et 25 pourraient tirer un bénéfice de la chimiothérapie.

En conclusion, les chercheurs préconisent d’éviter la chimiothérapie chez :

  • toutes les femmes de plus de 50 ans avec des récepteurs hormonaux-positifs, HER2 -, sans atteinte ganglionnaire et avec un score de risque de rechute de 0 à 25 (environ 85 % des femmes atteintes d’un cancer du sein dans cette tranche d’âge) ;
  • toutes les femmes de 50 ans ou moins avec des récepteurs hormonaux-positifs, HER2 -, sans atteinte ganglionnaire et avec un score de risque de rechute de 0 à 15 (environ 40 % des femmes atteintes d’un cancer du sein dans cette tranche d’âge).

 

ASCO 2018, Etude génomique TAILORx, AMP du 8 juin 2018.

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