EULAR 2017
Pratique des radiographies dans l’ACJ // N°69

 

 

L’Arthrite Chronique Juvénile (ACJ ou AJI pour arthrite juvénile idiopathique) comporte, comme les rhumatismes inflammatoires de l’adulte, un risque d’atteinte ultra-structurale de l’ordre de 8 à 27 % dans les oligoarthrites et de 35 à 67 % pour les polyarthrites. Cependant, ce risque est jusqu’à présent peu pris en compte dans les études.

Ce travail a pour objectif de formuler des recommandations pour la pratique des radiographies standard dans les différentes formes d’Arthrite Juvénile (hormis les formes systémiques) lors du diagnostic et du suivi. La méthodologie utilisée reprend les recommandations EULAR-OMERACT comportant une étude de la littérature puis à partir de ces données, l’élaboration de propositions de recommandations basées sur l’« evidence based medicine » et en leur absence sur l’opinion d’experts ; elles sont ensuite soumises à un ensemble de reviewers selon une méthode de type DELPHI, puis finalement si nécessaire reformulées par les experts. C’est ainsi que 73 articles originaux comportant des données sur l’étude en imagerie standard ont été analysés par un groupe de 15 experts (Rhumatologue, Radio-Pédiatre et Rhumato-Pédiatre et un représentant des patients), ce qui a permis d’élaborer 31 recommandations avec des niveaux allant de B à D.

  • Pour les monoarthrites, il est conseillé de faire dans un but de diagnostic différentiel une radiographie de l’articulation concernée et du segment de membre de face et profil.
  • Pour les oligoarthrites, en raison du faible risque érosif, si moins de 5 articulations sont atteintes, il n’y a pas lieu de faire des radiographies ; en revanche pour les formes extensives, la démarche est superposable à celle des polyarthrites.
  • Pour les polyarthrites avec Facteur Rhumatoïde (FR) et/ou ACPA, le risque de lésions érosives justifie la réalisation de radios des mains et des pieds ainsi que des articulations symptomatiques ; pour les polyarthrites FR et ACPA négatifs, en l’absence de facteur pronostique péjoratif (atteinte du poignet, atteinte symétrique, CRP très augmentée et présence d’érosion), uniquement radiographie des articulations symptomatiques.
  • Au cours du suivi, dans les formes ACPA/FR positives, radiographies des mains et des pieds à un an et lors de la transition ; pour les formes FR/ACPA négatives et sans facteurs de pronostic péjoratif, pas de radiographie systématique.
  • Pour le rachis cervical et la hanche, compte tenu de l’imperfection des renseignements radiographiques et de l’irradiation, l’IRM doit être préférée.
  • De même pour les Spondylarthropathies juvéniles, l’IRM doit être privilégiée pour le squelette axial.

Cette étude a le mérite d’être consacrée à la radiographie standard, technique simple, peu coûteuse et toujours disponible, et de définir de façon pluridisciplinaire une stratégie pratique selon le type d’AJI.

 

D’après la communication du Pr Marteau, EULAR 2017, Madrid 14 – 17 juin 2017.

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