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Fibromyalgie Les 1res recommandations de la HAS ! // N° 157

 

La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier ses premières recommandations sur le diagnostic et la prise en charge de la fibromyalgie chez l’adulte. Destinées notamment aux professionnels de santé, elles visent à encourager une meilleure écoute des soignants et une reconnaissance explicite de la douleur des patients, afin de favoriser leur engagement dans le parcours de soins.

Dans ce document, la HAS liste ses préconisations de bonne pratique. En voici les principales :

  • Le diagnostic repose uniquement sur l’examen clinique. Aucun test biologique ou radiologique ne permet de le confirmer. L’évaluation s’appuie sur l’écoute du patient et sur des outils validés (auto-questionnaires comme le FIRST, le QIF, critères diagnostiques des troubles anxio-dépressifs).
  • Annoncer le diagnostic légitime la plainte. Le patient doit recevoir des explications claires et personnalisées sur les mécanismes de la maladie et les options thérapeutiques.
  • En cas de stratégies d’adaptation inadaptées (catastrophisme, hyperactivité, évitement), le recours à des interventions psychologiques spécialisées est possible.
  • En première intention, il est recommandé : la remise en mouvement par l’activité physique, le développement de l’autonomie (ETP, APA), l’accompagnement dans l’emploi et le soutien global en cas de vulnérabilité.
  • Les traitements médicamenteux relèvent de la seconde intention. Les antalgiques (paracétamol, AINS) peuvent être proposés à faible dose, avec augmentation progressive. Leur usage doit rester ponctuel. Certains antidépresseurs ou antiépileptiques peuvent être utilisés en traitement de fond pour la douleur chronique. Les opioïdes sont à réserver aux douleurs aiguës, sur des durées courtes, et uniquement après avis spécialisé s’ils doivent être maintenus.
  • Il n’y a aucune preuve d’efficacité pour les régimes restrictifs et compléments alimentaires.
  • Les soins thermaux, la relaxation, l’hypnose ou la méditation font partie du parcours de soins s’ils sont correctement encadrés.
  • Après échec des autres approches, la neurostimulation peut être proposée.

Pour mémoire, la fibromyalgie, qui toucherait entre 1,5 et 2 % de la population française selon l’autorité sanitaire, se caractérise par des douleurs diffuses, parfois accompagnées de fatigue, de troubles du sommeil ou de troubles cognitifs. Par contraste avec l’OMS et d’autres pays, comme les États-Unis, les autorités sanitaires françaises se sont longtemps abstenues d’employer le terme de maladie, préférant celui plus vague de « syndrome », qui ne présuppose pas une origine commune aux différents symptômes. Cette position s’inscrivait dans un contexte où une partie du monde médical a longtemps considéré que la fibromyalgie pouvait essentiellement s’expliquer par des causes psychologiques.

Aujourd’hui, la HAS reconnaît que la fibromyalgie est une « véritable maladie » et estime « qu’elle est liée à des modifications des processus de détection et de modulation de la douleur au niveau du système nerveux central » !

 

 

Rhumato.net du 15 juillet 2025.

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