des gamma-GT et risque de démence Chez les patients diabétiques de type 2 // N°100

 

Diabète et troubles cognitifs sont des maladies dont la prévalence augmente avec l’âge. Les patients diabétiques semblent avoir un risque de démence plus élevé à âge élevé. Pour un diagnostic et une prise en charge précoces, il serait intéressant de pouvoir identifier les patients à haut risque de démence.

Les gamma-GT (GGT) sont traditionnellement utilisés comme un biomarqueur de maladies hépatique et biliaire et ont été associés au stress oxydatif et l’athérosclérose. Les GGT sont plus élevés chez les patients diabétiques et, chez les patients âgés de 60 à 75 ans, ont été associés à l’incidence des évènements cardiovasculaires. La variabilité de différents marqueurs (variabilité de la pression artérielle, la glycémie à jeun, du cholestérol) semble émerger comme un nouvel indicateur de maladies dont les maladies neuro-dégénératives. Aucune étude, à ce jour, n’a fait le lien entre le taux de GGT et le risque de démence chez des patients diabétiques.

L’objectif de l’étude était d’analyser l’association entre la variabilité des GGT et le risque de démence chez des patients avec un diabète de type 2.

Un registre coréen national d’assurance maladie entre 2004 et 2016 a été utilisé. Les causes de démence n’étaient pas différenciées. La variabilité des GGT était déterminée par la différence intra-individuelle entre les différentes valeurs de GGT au cours du suivi. Le taux de GGT de tous les participants était mesuré 3 à 5 fois. Le critère primaire d’analyse était la survenue d’une démence toute cause confondue. Le risque de démence était analysé par quartile de variabilité de GGT chez des patients diabétiques de type 2 de plus de 40 ans.

Au cours des 6,12 ans de suivi, 37983 cas de démences se sont développés. Les sujets avec le plus haut taux de variabilité de GGT étaient utilisateurs de plus d’antidiabétiques oraux (ADO) et d’insuline. Ils avaient également plus de consommation d’alcool et de tabac ainsi qu’une activité physique moindre. Les taux de triglycérides, d’ASAT, d’ALAT augmentaient de façon significative avec le plus haut quartile de variabilité de GGT. Le groupe avec le plus haut taux de GGT avait une augmentation de 10 % du risque de démence en comparaison du groupe au plus faible taux de GGT [HR : 1,10 (IC : 1,08-1,14)].

Dans un modèle ajusté, le groupe avec le plus haut quartile de variabilité de GGT avait une augmentation du risque de 19 % de démences en comparaison du groupe ayant le plus bas quartile de variabilité [HR : 1,19 (IC : 1,16-1,22)]. En comparaison du groupe avec le plus bas taux de GGT et la moindre variabilité, le groupe ayant le plus haut taux de GGT et la plus grande variabilité avait un risque de démence augmenté de 27 %. Une augmentation de 1 DS en variabilité GGT était associée à une augmentation du risque de démence de 3 %.

L’analyse en sous-groupe a mis en évidence une association plus importante entre le risque de démence et la variabilité des GGT chez les hommes de moins de 60 ans.

En conclusion, chez les patients diabétiques de type 2, le taux de GGT mais surtout une grande variabilité de GGT sont associés à une augmentation du risque de démence de façon indépendante aux autres facteurs dont le taux de GGT. Il existe différentes explications de cette association : les GGT participent à la formation de la plaque d’athérosclérose et son instabilité. La variabilité des GGT pourrait être le reflet des fluctuations du stress oxydatif, d’une inflammation infra-clinique et de l’état de santé général.

Selon les auteurs, d’autres études sont nécessaires d’une part pour valider l’application clinique de la variabilité des GGT pour définir le risque de démence et d’autre part, pour explorer les mécanismes physiopathologiques de cette association (variabilité GGT et développement d’une démence).

 

J Clin Endocrinol Metab 2020 Mar 1;105(3). doi: 10.1210/clinem/dgaa019.

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