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Hikikomori Le nouveau syndrome des jeunes cloitrés chez eux ! // N° 163

 

Lors du congrès de l’Encéphale 2026 (Paris du 21 au 23 janvier 2026), le phénomène des hikikomori a été présenté. Décrit initialement au Japon en 1998 et longtemps considéré comme culturellement spécifique, ce syndrome d’isolement social prolongé est désormais rapporté dans de nombreux pays.

Le hikikomori se définit par un retrait à domicile durant plus de 6 mois, avec rupture quasi complète des interactions sociales, limitation des échanges familiaux aux parents, refus des normes sociales et des soins. Il concerne principalement des jeunes de 15 à 30 ans, majoritairement des garçons et en général issus de milieu aisé.

Deux formes sont à distinguer :

  • la forme primaire, sans trouble psychiatrique caractérisé (environ 50 % des cas) ;
  • et la forme secondaire, associée à une pathologie sous-jacente (dépression, troubles anxieux, schizophrénie débutante).

Le tableau associe fréquemment inversion du rythme veille-sommeil, troubles alimentaires (maigreur ou obésité), douleurs somatiques, négligence corporelle et conduites addictives (écrans, jeux vidéo, substances). Aucun trouble organique spécifique n’est retrouvé.

Les facteurs de risque identifiés incluent harcèlement, échec scolaire, ruptures affectives et vulnérabilités développementales. Le manque d’estime de soi apparaît central, dans un contexte familial souvent marqué par une forte exigence de réussite. Les écrans ne constituent pas un facteur causal mais un moyen de gestion de l’ennui et de maintien d’un lien social minimal.

En France, les NEET (Not Education Employment Training), sans scolarité, sans emploi, sans stage, représentent 12,5 % des 15/29 ans. Le mot hikikomori pour les NEET a commencé à être utilisé en 2025. Mais en l’absence de reconnaissance nosographique formelle et de recommandations standardisées, la prise en charge repose principalement sur la guidance parentale. L’objectif initial est d’accueillir la souffrance des familles et de réduire la pression exercée sur le jeune, facteur d’aggravation du repli. Lorsqu’un accompagnement du jeune cloitré est accepté, il peut associer psychothérapie, interventions groupales, médiations ou traitement pharmacologique en cas de trouble psychiatrique associé. Les situations d’urgence restent rares et concernent essentiellement les formes secondaires.

La resocialisation ne constitue pas un objectif direct mais la conséquence d’une amélioration psychique progressive. L’évolution peut s’étendre sur plusieurs années ; toutefois, aucune situation d’isolement permanent à vie n’est rapportée.

 

Medscape du 4 février 2026.

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