HTA & Démence // N°64

 

 

L’hypertension artérielle est un facteur de risque majeur de démence. Pour cette raison comme pour d’autres aussi importantes, elle doit être activement combattue par la prévention, le traitement et le renforcement de l’observance. Toutefois, cette relation entre HTA et démence est plus complexe qu’il n’y paraît comme en témoigne cette étude, publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia.

Les auteurs ont travaillé sur les données d’une étude longitudinale de population, The 90+ Study, dont les participants, tous âgés de 90 ans et plus, sont les survivants d’une autre étude, la Leisure World Cohort Study. Au total, ce sont 559 individus qui sont inclus, sans signe clinique de démence lors de l’inclusion, et dont le début de l’éventuelle HTA est renseigné par les données de l’une des deux études précitées.

Durant le suivi de ces 559 participants, d’une durée moyenne de 2,8 années, 224 ont développé des signes de démence. En comparant les données des patients normotendus à celles des patients dont l’HTA a été diagnostiquée tardivement, entre 80 et 89 ans, il apparaît que ces «hypertendus tardifs» avaient un risque relatif de développer une démence inférieur à celui des normotendus (RR = 0,58, p= 0,04). Pour ceux dont l’HTA est diagnostiquée encore plus tardivement, autrement dit après 90 ans, ce risque relatif est plus bas encore (RR =0,37, p= 0,004).

Selon les conclusions des auteurs, l’apparition tardive, après 80 ans, d’une HTA pourrait être, a contrario d’une HTA plus précoce, un facteur protecteur contre la démence, peut-être comme cela avait été suggéré il y a déjà bien longtemps, en permettant de mieux vasculariser un cerveau dont les artères vieillissantes sont plus rigides et plus athéromateuses.

                                                                                  AMP du 19 janvier 2017.

 

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