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Infarctus du myocarde avec FEVG modérément altérée La méta-analyse qui relance le débat sur les bêtabloquants ! // N° 158

 

L’intérêt des bêtabloquants dans le traitement post-infarctus est bien établi chez les patients avec IC (insuffisance cardiaque) ou FEVG (fraction d’éjection du ventricule gauche) réduite. En revanche, leur efficacité dans la population plus hétérogène des patients avec une fraction d’éjection modérément altérée (40-49 %) restait incertaine. Une méta-analyse récente, présentée au congrès de la Société Européenne de Cardiologie (ESC 2025) à Madrid, regroupant les données individuelles de 4 essais randomisés, vient apporter de nouvelles réponses et conforte l’utilisation des bêtabloquants dans cette indication.

C’est ainsi que 4 essais contemporains, REBOOT (Espagne), BETAMI (Norvège), DANBLOCK (Danemark) et CAPITAL-RCT (Japon), ont été intégrés à l’analyse. Ces études incluaient des patients ayant présenté un STEMI ou un NSTEMI récent (<14 jours), sans signe clinique d’IC et avec une FEVG ≥40 %.

Au total, 1885 patients avec FEVG modérément altérée ont été étudiés, soit 13,1 % de la population initiale des essais. L’âge moyen était de 63 ans, 20 % étaient des femmes, et plus de 95 % avaient bénéficié d’une revascularisation par angioplastie. La FEVG moyenne était de 45 %. Les principaux bêtabloquants prescrits étaient le métoprolol (49 %), le bisoprolol (44 %) et, plus marginalement, le carvédilol (5 %). La durée médiane de suivi était de 3,5 ans.

Le critère de jugement principal combinait la mortalité toutes causes, la récidive d’infarctus et la survenue d’IC. Durant le suivi, 10,7 % des patients traités par bêtabloquants ont présenté un événement du critère composite, contre 14,4 % dans le groupe contrôle, soit une réduction relative de 25 % (HR 0,75 ; IC 95 % : 0,58-0,97 ; p=0,031). Ce bénéfice s’est révélé homogène entre les différents essais et pays participants.

Les analyses des composantes individuelles du critère principal suggèrent une tendance favorable du traitement : mortalité toutes causes (5,9 % vs 7,7 % ; HR 0,78), nouvel infarctus (3,9 % vs 5,2 % ; HR 0,77), insuffisance cardiaque (3,0 % vs 4,4 % ; HR 0,71). Les décès d’origine cardiovasculaire étaient également moins fréquents sous bêtabloquants (1,8 % vs 3,3 % ; HR 0,55).

En conclusion, la prise de bêtabloquants après un infarctus du myocarde, avec une FEVG intermédiaire est associée à une réduction d’évènements du critère de jugement principal composite comprenant décès toutes causes, nouvel infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque.

 

 

Cardio-online du 31 août 2025.

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