Internat
La gériatrie et la médecine générale boudées
// N°71

 

 

Près de 8000 candidats aux épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) ont fait leur choix parmi 44 spécialités et les 28 villes de facultés de médecine françaises. Sans trop de surprise, c’est toujours l’ophtalmologie qui se taille la part du lion et figure en tête des spécialités les plus demandées par les futurs internes, selon un classement d’attractivité qui prend en compte le rang de classement des candidats et le nombre de postes offerts dans chaque filière. Nouvelles venues, la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique ainsi que les maladies infectieuses et tropicales ont été également extrêmement demandées et se classent immédiatement derrière l’ophtalmologie.

Dans les 10 premières places, on retrouve les disciplines qui motivent traditionnellement le plus les étudiants au moment de faire leur choix d’internat. C’est ainsi le cas de la dermatologie, de la radiologie-imagerie ou encore de la médecine cardiovasculaire, de la néphrologie ou de l’ORL. La médecine intensive-réanimation fait une entrée remarquée à la 12e place de ce classement, à la différence de beaucoup de spécialités chirurgicales qui continuent de perdre régulièrement en attractivité. Les chirurgies viscérale, pédiatrique, vasculaire ainsi que thoracique et cardiovasculaire n’ont ainsi pas particulièrement séduit et se trouvent classées en petit peloton entre la 28e et la 31e place.

Bonne dernière, la médecine du travail qui a pourvu 89 postes demeure le parent pauvre des études médicales, au même titre que la médecine générale qui est devenue une spécialité à part entière en 2004. Cette dernière fait même partie des rares spécialités à n’avoir pas réussi à pourvoir tous les postes ouverts puisque 214 sont restés vacants. Associée depuis un bon moment à une forme d’échec dans les études médicales, la médecine générale continue de traîner une image négative en grande partie liée à des conditions d’exercice qui se dégradent. Pour autant, ce classement médiocre peut également s’expliquer par la quantité très importante de postes proposés qui n’oblige pas les candidats, à la différence de la neurochirurgie ou de la génétique médicale, à obtenir impérativement un très bon classement.

Nouvelle entrante, la gériatrie n’a pas non plus mobilisé les vocations à la hauteur de ce qu’espéraient les instances représentatives de cette spécialité. Avec un recrutement de 171 internes sur les 200 postes proposés, elle semble elle aussi souffrir d’une mauvaise image qui obligera très certainement ceux qui la portent à faire un effort de communication supplémentaire à destination des étudiants. Dans la catégorie des nouvelles spécialités proposées, mais n’ayant pas suscité un grand attrait, l’allergologie, la médecine légale et la médecine d’urgence se positionnent également en bas de classement. Là encore, il semble que la méconnaissance des étudiants vis-à-vis de ces spécialités et le faible nombre de stages en externat représentent le principal écueil à leur attractivité.

 

Le Quotidien du Médecin du 20 septembre 2017.

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