Jeûne du Ramadan et tube digestif : Entre adaptation et vulnérabilité // N° 162
Le jeûne du Ramadan, pratiqué par des millions de musulmans dans le monde, entraîne des modifications importantes des habitudes alimentaires et du rythme circadien, avec des impacts physiologiques, métaboliques et digestifs. Chez les sujets en bonne santé, ces adaptations sont généralement bien tolérées et peuvent même être associées à des effets métaboliques bénéfiques, notamment une amélioration du transit gastro-intestinal, de la sensibilité à l’insuline et du profil lipidique. Cependant, le jeûne prolongé peut aggraver ou déclencher des troubles digestifs fonctionnels tels que la dyspepsie, les ballonnements et le reflux gastro-œsophagien, ainsi que des complications d’ulcères gastro-duodénaux, en particulier chez les populations à risque. La tolérance digestive dépend fortement de la composition et de la répartition des repas, de l’horaire de prise des médicaments et des profils alimentaires adoptés. Les stratégies de prise en charge incluent une évaluation individualisée des risques, l’adaptation des traitements pharmacologiques, des recommandations diététiques culturellement adaptées et la promotion d’un mode de vie sain pendant le Ramadan.
Auteurs : F. HADDAD, A. DARIF, W. BADRE
Service de Gastro-Entérologie et Proctologie, Centre Hospitalier Universitaire Ibn Rochd – Casablanca
