Les aspects médicolégaux de la mort criminelle // N° 117

 

 

Il s’agit d’une enquête épidémiologique rétrospective des décès suite à un acte criminel. La collecte des données a été réalisée sur la base des rapports des autopsies complètes réalisées à la morgue du Centre Hospitalier Préfectoral Al Ghassani à Fès sur une période de trois ans (2013-2015). Les différents aspects analysés sont le profil de la victime, les circonstances de survenue et la cause directe du décès.

Au total, 1485 autopsies médico-légales ont été effectuées pendant la période de l’étude, dont 78 étaient des décès suite à un acte criminel. La majorité des victimes était des hommes (79 %). La moitié des victimes était des adultes jeunes. Le lieu de survenue de l’acte criminel était urbain chez 64 % des cas. L’auteur de l’acte criminel utilisait dans 91 % des cas, soit un agent tranchant, soit un moyen contondant. Les trois premières causes de décès étaient les traumatismes crâniens fermés (23 cas), les plaies cervicales (18 cas) et cardiaques (11 cas). Le résultat des analyses toxicologiques est revenu positif chez 78 % des cas. La victime succombait fréquemment dans les 24 heures suivant l’acte criminel.

Toute mesure préventive pour réduire le taux des homicides au Maroc devra cibler les jeunes adultes vivant dans un milieu urbain et ayant des activités de violence et de toxicomanie.

 

 

 

Auteurs : S. Nya, A. Dami*

Service de Médecine Légale, CHU Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tanger, Université Abdelmalek Essaadi – Tanger

*Service de Médecine Légale, CHU Mohammed VI de Marrakech, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Marrakech, Université Cadi Ayyad – Marrakech

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