L’insuffisance cardiaque
En partie héritée ! // N°81

 

Si l’on savait déjà que l’insuffisance cardiaque est parfois une affaire de famille, on ne connaissait pas le degré d’héritabilité de cette pathologie.

Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs suédois a conçu une étude cas contrôle à partir des données de 21 643 personnes ayant pour particularité commune d’être des enfants adoptés nés entre 1942 et 1990. Ils ont également collecté les données des 43 286 parents biologiques de ces enfants adoptés et de 35 016 de leurs parents adoptifs.

Les auteurs ont relevé 194 cas d’insuffisance cardiaque chez les enfants adoptés, 3 972 chez les parents adoptifs et 3 657 cas chez les parents biologiques. Les patients dont les parents biologiques souffrent d’insuffisance cardiaque ont un risque d’insuffisance cardiaque augmenté de 45 %. En excluant les cardiomyopathies, ce sur-risque est de 48 %.

En revanche, il n’y a pas de sur-risque d’insuffisance cardiaque chez les personnes dont un parent adoptif soufre d’insuffisance cardiaque, que l’on exclut ou non les cardiomyopathies. Les auteurs estiment que la part d’héritabilité, c’est-à-dire la contribution génétique à l’insuffisance cardiaque, est de 26 %, et de 29 % si l’on exclut les cardiomyopathies.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent de mesurer la part d’héritabilité de l’insuffisance cardiaque. En 2005, des résultats de la cohorte Framingham avaient déjà montré un sur-risque d’insuffisance cardiaque de 70 % chez les personnes ayant un parent atteint, et de 92 % chez ceux ayant leurs 2 parents malades. Si les investigateurs suédois ont pris le parti de s’intéresser à des enfants adoptés, c’est pour distinguer l’héritabilité de la pathologie de la part attribuable aux facteurs familiaux environnementaux. Selon eux, l’héritabilité est qualifiée de « modeste », ils estiment qu’il serait « sensé de rechercher des variants génétiques causant l’insuffisance cardiaque » et qu’un « cas d’insuffisance cardiaque chez un parent biologique doit être considéré comme un facteur de risque d’insuffisance cardiaque ».

 

Le Quotidien du Médecin du 16 juillet 2018.

 

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