Lombalgies Les nouvelles recommandations de la HAS // N° 89

 

 

Pour la Haute Autorité de santé (HAS), « la lombalgie occasionne un trop grand recours à des actes inutiles et constitue aujourd’hui un problème de santé publique et de santé au travail ». C’est pourquoi elle a publié le 4 avril dernier des nouvelles recommandations pour la prise en charge des patients « dans le but d’améliorer et harmoniser les pratiques professionnelles ». L’objectif étant d’adopter précocement une stratégie de prise en charge adaptée, et ainsi de maintenir une activité professionnelle et d’éviter le passage à la chronicité.

La HAS rappelle ainsi que la lombalgie est aiguë dans la grande majorité des cas (9 patients sur 10), se résorbant en 4 à 6 semaines. Sur le plan clinique, des signes évoquant une pathologie sous-jacente doivent être recherchés (infection, une maladie inflammatoire, un cancer, un problème neurologique…). Et il n’est pas pertinent de réaliser une imagerie en l’absence de signes d’alerte, « puisqu’il n’existe pas systématiquement de concordance entre symptômes et signes radiologiques ». Une activité physique adaptée reste le pilier de la prise en charge à ce stade. « Elle permet une évolution favorable de la lombalgie et limite les récidives. Le professionnel de santé doit encourager le patient à poursuivre ses activités de la vie quotidienne, y compris le travail », souligne la HAS. Des antalgiques peuvent être prescrits, en durée courte. Il est par ailleurs fondamental de rassurer le patient sur l’évolution de cet épisode.

La lombalgie ne devient chronique (plus de 3 mois d’évolution) que dans 3 à 6 % des cas. Ce n’est à ce stade, ou en cas de facteur de risque de chronicité « qu’une rééducation active par kinésithérapie se révèle pertinente ». La HAS insiste sur la nécessité, en l’absence d’efficacité de la rééducation, d’une prise en charge multidisciplinaire incluant un médecin spécialiste du rachis et si nécessaire un médecin du travail. En effet, l’impact de la lombalgie sur l’activité professionnelle est majeur. Ainsi, cette pathologie constitue dorénavant la première cause d’exclusion du travail avant 45 ans.

Enfin, la prise en charge globale du patient, dite « bio-psycho-sociale », doit être centrée sur le patient : elle prend en compte son vécu et le retentissement de sa douleur (dimensions physique, psychologique et socio-professionnelle). Elle s’appuie sur une décision médicale partagée.

 

Haute Autorité de Santé (4 avril 2019).

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