Maladie de Parkinson
Reprogrammer les cellules déficientes grâce à un virus // N°70

 

 

La maladie de Parkinson, pathologie neurodégénérative, est provoquée par la perte de certains neurones spécialisés dans la production d’un neurotransmetteur, la dopamine. Actuellement, le traitement de référence consiste à compenser ce déficit. Cependant, même s’ils réduisent les symptômes, ces médicaments n’empêchent pas la maladie de progresser.

Des chercheurs de l’Institut Karolinska de Stockholm ont choisi une autre stratégie : transformer des astrocytes, des cellules de soutien présentes dans le cerveau, en neurones à dopamine. Les chercheurs ont mis au point un cocktail appelé NeAL218, contenant trois gènes (NEUROD1, ASCL1 et LMX1A, trois facteurs de transcription) et une petite molécule d’ARN (miR-218). Ils ont utilisé un lentivirus pour infecter les astrocytes et transmettre ces gènes. Les chercheurs ont ainsi reprogrammé des astrocytes humains en neurones à dopamine, in vitro. En culture, ils ressemblaient à des neurones à dopamine normaux : un axone poussait, les signaux électriques étaient présents et les astrocytes, reprogrammés en neurones, libéraient de la dopamine.

In vivo, les chercheurs ont injecté le cocktail de gènes dans le cerveau de souris modèles pour la maladie de Parkinson et observé leur comportement sur un petit tapis d’entraînement. En cinq semaines, elles marchaient plus droit, leurs mouvements étaient mieux coordonnés et leur posture meilleure.

Ces résultats permettent d’envisager de nouvelles perspectives de traitements. Cependant, avec cette technique, il est possible que le patient continue à perdre des neurones à dopamine au fur et à mesure de la progression de la maladie et qu’il faille répéter le processus de reprogrammation des cellules.

 

Nature du 23 mai 2017.

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