Mesure de la pression artérielle : Les recommandations européennes 2021 // N° 113

 

 

Selon les spécialistes, l’hypertension artérielle (HTA) est -en 2021- toujours mal maitrisée en France avec seulement 1 patient hypertendu sur 4 à l’objectif tensionnel. Pourtant, 4 clés simples permettent à tout médecin de contrôler la majorité de ses patients :

  • Sécuriser la mesure de la pression artérielle ;
  • Dépister d’emblée les HTA secondaires, potentiellement curables et fréquentes (10 % de tous les patients hypertendus) ;
  • Titrer rapidement (tous les mois) les traitements validés (IEC/ARA2, inhibiteurs calciques et diurétiques thiazidiques en première ligne), en privilégiant les traitements combinés en monoprise ;
  • Savoir adresser à un spécialiste en HTA les patients sélectionnés (secondaires, résistants, complexes).

Les nouvelles recommandations 2021 de la Société Européenne d’Hypertension (ESH) porte sur la première de ces « clés » de la mesure de la pression artérielle, ce qui change, et ce qui ne change pas. Ainsi, la méthode de mesure de la pression artérielle de consultation et les seuils définissant l’HTA n’ont pas changé, que ce soit en pression de consultation, en automesure ou en MAPA. En outre, il est acté que la pression de consultation présente de nombreuses limites. Même réalisée dans les meilleures conditions, elle ne mesure la pression artérielle du patient qu’à un moment précis de la journée, alors qu’on connait la variabilité de la pression artérielle sur 24 heures grâce aux holters tensionnels. La pression artérielle de consultation peut donc être discordante avec la pression artérielle moyenne du patient chez 25 à 45 % des cas : ce sont l’HTA masquée et l’HTA blouse blanche.

Devant ces limites, il est recommandé de ne pas diagnostiquer une HTA sur une mesure de pression artérielle en consultation, mais de confirmer par un holter tensionnel (méthode préférée pour le diagnostic) ou une série d’automesure (à défaut). Si aucune technique n’est disponible, il faudra confirmer la persistance de l’HTA sur plusieurs consultations rapprochées, sans que cela n’élimine l’effet blouse blanche.

  • Le holter tensionnel est recommandé en première ligne pour poser le diagnostic de l’HTA. C’est la technique qui apporte le plus grand nombre de mesures de pression artérielle, et la seule à informer sur la pression artérielle nocturne.
  • Les automesures tensionnelles sont recommandées en première ligne pour le suivi des patients lors de la titration des traitements et pour la surveillance sous traitement. Il est recommandé d’utiliser des appareils d’automesure électronique de bras, et d’éviter les appareils de poignet qui sont moins précis. Il est important que ces appareils soient validés et qu’ils soient vérifiés (ainsi que la méthode de mesure) par l’équipe soignante.

En conclusion, en 2021, la place de chaque technique de mesure de la pression artérielle est claire. La mesure de la pression artérielle de consultation est utile pour le dépistage de l’HTA chez un patient non connu hypertendu, pour dépister l’hypotension orthostatique et à minima pour le suivi. Le holter tensionnel est la méthode de référence pour porter le diagnostic d’HTA (et d’HTA résistante). Quant à l’automesure tensionnelle, c’est la méthode de prédilection pour le suivi de la pression artérielle des patients au cours de la titration thérapeutique initiale et pour le suivi à long terme. Elle facilite largement la décision thérapeutique en fournissant immédiatement des mesures fiables et reproductibles, sous réserve d’avoir vérifié l’appareil et la technique du patient.

 

Medscape du 23 juin 2021.

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