Myocardites post-vaccination Fréquentes à l’IRM mais plutôt légères à la clinique // N° 118

 

 

Selon une étude publiée dans Circulation, les adolescents et les adultes de moins de 21 ans qui développent une myocardite après injection d’un vaccin contre la Covid-19 à ARNm présentent fréquemment des résultats anormaux à l’IRM cardiaque (IRMc), mais la plupart ont une évolution clinique légère avec une résolution rapide des symptômes, s’ils sont identifiés et traités tôt et de manière appropriée.

Ainsi, à partir des données de 26 centres médicaux pédiatriques aux États-Unis et au Canada, les chercheurs ont examiné les dossiers médicaux de 139 patients de moins de 21 ans avec 140 épisodes de myocardites suspectées (49 confirmées, 91 probables) dans le mois suivant la vaccination contre la Covid-19. Les résultats ont montré que :

  • La plupart des patients étaient des hommes (90,6 %), blancs (66,2 %) et avec un âge médian de 15,8 ans.
  • Une suspicion de myocardite est apparue chez 136 patients (97,8 %) suite au vaccin ARNm, dont 131 (94,2 %) suite au vaccin de Pfizer-BioNTech ; 128 cas (91,4 %) sont survenus après la deuxième dose.
  • Les symptômes ont commencé en moyenne 2 jours (intervalle de 0 à 22 jours) après l’administration de la vaccination.
  • La douleur thoracique était le symptôme le plus courant (99,3 %), avec de la fièvre (30,9 %) et un essoufflement (27,3 %).
  • Les patients ont été traités avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (81,3 %), des immunoglobulines en IV (21,6 %), des glucocorticoïdes (21,6 %), de la colchicine (7,9 %) ou aucun traitement anti-inflammatoire (8,6 %).
  • Vingt-six patients (18,7 %) ont été admis en unité de soins intensifs ; 2 ont reçu un soutien inotrope/vasoactif ; aucun n’a nécessité une oxygénation extracorporelle par membrane ou n’est décédé. Le temps médian passé à l’hôpital était de 2 jours.
  • Au total, 111 patients avaient une troponine I élevée (8,12 ng/mL) et 28 avaient une troponine T élevée (0,61 ng/mL). Plus des deux tiers (69,8 %) avaient des électrocardiogrammes anormaux et/ou des arythmies. Vingt-six patients (18,7 %) avaient une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) <55 % à l’échocardiographie ; celle-ci était revenue à la normale chez les 25 qui sont revenus pour un suivi. Enfin, 75 des 97 patients (77,3 %) qui ont bénéficié d’une IRMc dans un délai médian de 5 jours après l’apparition des symptômes ont présenté des résultats anormaux : 74 (76,3 %) avaient un rehaussement tardif au gadolinium ; 54 (55,7 %) avaient un œdème du myocarde et 49 (50,5 %) répondaient aux critères de Lake Louise pour la myocardite.

 

Medscape du 13 décembre 2021.

 

 

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