Névralgie cervico-brachiale La chirurgie ne fait pas la preuve d’un réel bénéfice ! // N° 156
Deux essais randomisés menés en Norvège comparent la chirurgie aux soins non chirurgicaux dans le traitement de la névralgie cervico-brachiale (NCB), d’origine discale ou arthrosique. Malgré une légère supériorité de la chirurgie dans certains scores à court terme, les bénéfices restent modérés, au regard des risques, des coûts et de l’évolution souvent favorable sans intervention.
Pour rappel, la NCB, ou radiculopathie cervicale, désigne une douleur irradiant vers le bras liée à une compression nerveuse [hernie discale ou unco-cervicarthrose (spndylolysis)]. Son incidence est estimée à 83,2/100000 habitants.
Les deux essais ont inclus 180 patients souffrant de NCB depuis au moins 3 mois. Dans le groupe chirurgie, les patients ont bénéficié d’une discectomie cervicale antérieure avec arthrodèse, associée à des corticoïdes et à une prise en charge kinésithérapeutique. Le groupe non chirurgical a reçu une thérapie cognitive fonctionnelle et des conseils de kinésithérapie sans médicaments. Aucun antalgique supplémentaire, ni perfusions, ni injection épidurale de stéroïdes n’ont été prescrits aux participants de ce groupe.
À 12 mois, les résultats montrent une amélioration du score NDI (indice d’incapacité fonctionnelle cervicale) dans les deux groupes. La chirurgie semble plus efficace dans le cas des hernies discales (différence de 7,4/100), mais reste en deçà du seuil de signification clinique (15/100). Aucun bénéfice n’est observé pour les cas de cervicarthrose. Les complications chirurgicales (3 %) incluent une lésion complète du nerf laryngé récurrent et une pseudarthrose, contre aucun effet indésirable dans le groupe non opéré.
Ce qui est surprenant et critiquable dans cet essai est que les patients dans le groupe chirurgie bénéficiaient d’une cure de corticoïdes intraveineuse en péri-opératoire associée à des antalgiques et de la kinésithérapie, cette prise en charge n’étant pas proposée dans le groupe non chirurgical.
Ainsi, les différences relativement faibles des résultats cliniques doivent être mises en balance avec les risques et les coûts de la chirurgie. À ce jour, de nombreuses équipes proposent un traitement médical plus complet (cure de corticoïdes per os, infiltrations cervicales, traction cervicale, etc.) avant de décider d’une intervention chirurgicale qui est réservée aux cas réfractaires ou avec complications.
L’étude met en évidence le besoin d’un encadrement thérapeutique mieux défini, d’autant que la chirurgie, encore très pratiquée, n’apporte pas toujours un bénéfice clinique significatif. Une prise en charge médicale plus complète pourrait être privilégiée avant d’envisager une chirurgie.
Journal International de Médecine du 5 mai 2025.
