Prévention de la mort subite
Les nouvelles recommandations américaines //N°74

 

L’American Heart Association (AHA), l’American College of Cardiology (ACC), et la Heart Rhythm Society (HRS) ont actualisé leurs recommandations sur la prise en charge des arythmies ventriculaires et la prévention du risque de mort subite chez l’adulte.

La nouvelle mouture remplace celle de 2006 et certaines sections des recommandations ACC/AHA/HRS 2008 sur les dispositifs implantables, en particulier celles sur les indications du défibrillateur (DAI). En outre, elles actualisent les recommandations de 2011 de l’ACCF (American College of Cardiology Foundation) et de l’AHA sur la prévention de la mort subite chez les personnes atteintes de cardiomyopathies hypertrophiques.

Ainsi pour les patients avec arythmies ventriculaires ou à risque accru de mort subite, les recommandations préconisent d’adopter « une approche de décision partagée » qui ne s’appuie pas seulement sur des arguments médicaux mais aussi sur les préoccupations des patients.

« Les patients qui envisagent de recevoir un défibrillateur implantable pour la première fois ou de remplacer un défibrillateur existant parce que les batteries sont usées devraient être informés de leur risque individuel de mort subite, du risque de décès lié à l’insuffisance cardiaque ou du risque de décès d’origine non-cardiaque mais aussi des possibles complications liées au défibrillateur, et ce, à la lumière de leurs objectifs, de leurs préférences et de leurs valeurs », précise le texte.

Autre nouveauté, l’option du défibrillateur cardiaque externe portable apparait pour la première fois dans les recommandations. Le groupe de travail préconise qu’il soit envisagé en prévention de la mort subite chez les patients qui ont un antécédent d’arrêt cardiaque ou d’arythmie ventriculaire prolongée et chez qui un défibrillateur implantable doit être retiré (pour une infection, par exemple).

Les nouvelles recommandations détaillent aussi la prise en charge de maladies et de syndromes spécifiques associés à un risque accru de mort subite liée à l’arythmie ventriculaire. Une des recommandations mérite particulièrement d’être soulignée, elle concerne la prévention primaire par DAI chez les patients atteints de cardiomyopathies non-ischémiques. Elle stipule que chez les patients atteints d’une cardiomyopathie non-ischémique, avec des symptômes d’insuffisance cardiaque de classe NYHA 2-4 et une fraction d’éjection ventriculaire gauche ≤35 % en dépit d’un traitement médical adapté, un DAI est recommandé si la survie du patient est estimée à plus d’un an avec une qualité de vie satisfaisante « meaningful survival ». En parallèle, pour la même population de patients mais avec des symptômes d’insuffisance cardiaque de classe NYHA 1, un DAI peut être envisagé, toujours dans les mêmes conditions.

Mais selon les auteurs et en dépit de nombreuses avancées sur la stratification du risque de mort subite, de même que sur la prévention et la prise en charge de la mort subite et de l’arythmie ventriculaire, il reste encore beaucoup d’inconnues.

Pour rappel, la mort subite est responsable de près de 50 % de tous les décès cardiovasculaires et elle est le premier événement cardiaque symptomatique chez au moins 25 % des cas.

 

Circulation 2017 Oct 30. pii: CIR.0000000000000548.

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