Prise en charge de l’érysipèle par les médecins internes et faisant fonction d’interne au Maroc // N° 150
L’érysipèle est la plus fréquente des dermohypodermites bactériennes non nécrosantes (DHBNN). Les auteurs ont réalisé une étude transversale à visée descriptive et analytique auprès de 202 médecins internes et faisant fonction d’interne au Maroc. L’objectif étant d’évaluer l’adéquation des connaissances des médecins internes et faisant fonction d’interne avec les données de la littérature sur la prise en charge diagnostique et thérapeutique de l’érysipèle.
Les résultats ont montré que l’âge moyen des médecins était de 24,8 ans, qu’ils étaient de sexe féminin dans 68,3 % et que 53 % d’entre eux n’avaient pas effectué un stage en dermatologie. Par ailleurs, 38 % des médecins étaient des internes au CHU et 62 % des faisant fonction d’interne. Selon ces médecins, l’érysipèle se localise fréquemment au niveau du membre inférieur (98,5 %) ; il s’accompagne de fièvre (97,5 %) ; de frissons (80,2 %) ; de syndrome pseudo-grippal (29,2 %) avec la présence quasi constante d’un placard érythémateux-œdémateux (100 %) ; d’une douleur locale (81,2 %) ; d’adénite satellite (54,5 %) avec bourrelet périphérique (49,5 %) ; et 40,1 % des répondants ont estimé que les examens paracliniques sont systématiques. En outre, 5,44 % des médecins hospitalisent systématiquement tout cas d’érysipèle. L’antibiothérapie la plus choisie en première intention en ambulatoire est l’amoxicilline orale (44,1 %). La quasi-totalité des médecins (98,5 %) traitaient la porte d’entrée, et 4,5 % prescrivaient des anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale.
En conclusion, l’érysipèle est une pathologie courante en pratique de ville. Les critères de diagnostic clinique devraient être vulgarisés pour améliorer les pratiques diagnostiques et thérapeutiques des médecins.
Auteurs : I. LAKHAL, R. CHAKIRI
Département de Dermatologie, CHU Souss-Massa – Agadir
