Psoriasis modéré à sévère chez l’adulte Les dernières recommandations françaises ! // N° 162
Les recommandations françaises pour la prise en charge du psoriasis modéré à sévère chez l’adulte ont été actualisées afin d’intégrer les nouvelles options thérapeutiques systémiques non incluses dans les précédentes versions. Présentées lors des Journées Parisiennes de Dermatologie 2025 et publiées dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, elles ont été élaborées par le Groupe de recherche sur le psoriasis de la Société française de dermatologie, afin de proposer des algorithmes décisionnels actualisés pour le traitement systémique.
Ces nouvelles recommandations tiennent compte des progrès récents, notamment avec l’arrivée des inhibiteurs de l’interleukine-23 (IL-23p19) et de l’inhibiteur de la tyrosine kinase 2 (TYK2), et proposent des stratégies adaptées à la réponse au traitement, à la faible activité de la maladie, ainsi qu’aux formes particulières de psoriasis, aux comorbidités et aux situations telles que le projet de grossesse. Elles reposent sur une analyse structurée de la littérature et sur un processus de validation multidisciplinaire associant dermatologues, rhumatologues, immunologistes et médecins généralistes.
Pour le psoriasis en plaques modéré à sévère de l’adulte sans comorbidité particulière, il est recommandé en première ligne de privilégier les traitements systémiques non ciblés (méthotrexate ou photothérapie), ainsi que l’adalimumab ou l’ustekinumab, en favorisant l’utilisation de biosimilaires lorsqu’ils sont disponibles et moins coûteux. La ciclosporine est réservée à des situations spécifiques, notamment les poussées aiguës ou certaines comorbidités. En cas de psoriasis très sévère, défini par une atteinte cutanée supérieure à 50 % et un retentissement majeur nécessitant une action rapide, il est recommandé de considérer en 1re ligne une biothérapie anti-IL-17 ou anti-IL-23, ainsi que l’infliximab.
En cas de contre-indication, d’intolérance ou de réponse insuffisante à cette première stratégie, une seconde ligne peut reposer sur l’ensemble des classes de biothérapies disponibles (anti-TNF, anti-IL-12/23, anti-IL-17, anti-IL-23), selon celles déjà utilisées. Le deucravacitinib est proposé après échec ou intolérance aux biothérapies, tandis que l’aprémilast ou les inhibiteurs de la phosphodiestérase 4 peuvent constituer des alternatives en deuxième intention.
Les recommandations insistent également sur la prise en charge à long terme. Chez les patients bien contrôlés depuis au moins un an avec une faible activité de la maladie (PASI <2), une stratégie de réduction de dose peut être envisagée, soit par diminution de la posologie, soit par espacement des injections. En l’absence de réponse, il est suggéré d’optimiser la biothérapie en cours ou de procéder à un changement de molécule, en tenant compte des considérations médico-économiques.
Enfin, ces recommandations prennent en compte les situations particulières, notamment les formes ou localisations spécifiques de psoriasis, les comorbidités, les antécédents de cancer, ainsi que les contextes de grossesse, d’allaitement ou de désir de conception. Elles s’accompagnent d’outils pratiques détaillant le bilan préthérapeutique, le suivi et les adaptations thérapeutiques, et feront l’objet de mises à jour ultérieures en fonction de l’évolution rapide des traitements disponibles.
Medscape du 26 janvier 2026.
