Recrudescence de prothèses de genou
La faute à l’obésité !
L’arthrose pose un sérieux problème de santé publique en raison de la douleur et du handicap qu’elle entraîne, du coût des traitements et de l’impact sur le travail. La prévalence de l’arthrose du genou est susceptible d’augmenter nettement dans les prochaines années en raison du vieillissement de la population et de l’épidémie mondiale d’obésité. Le remplacement prothétique est couramment proposé aux malades, or son coût n’est pas négligeable.
Des chercheurs Britanniques ont mené une étude prospective entre 2006 et 2011 pour vérifier si l’obésité constituait un facteur de risque de traitement prothétique. L’étude a inclus 105189 malades atteints de gonarthrose nouvellement diagnostiquée, et la durée moyenne de suivi était de 2,6 ans (1,3-4,2).
Durant cette période, 7512 malades, soit 7,1 % de l’effectif a bénéficié de la mise en place d’une prothèse au niveau du genou. Le risque de remplacement prothétique chez les malades en surpoids (IMC >25) par rapport a un individu de poids normal apparaît augmenté de 41 % (Hazard ratio [HR] 1,41 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95 %] 1,27-1,57). Le risque de remplacement prothétique chez les malades obèses par rapport aux malades de corpulence normale est multiplié par plus de 2. Chez les obèses de grade 1 (30<IMC>34,99), le HR est de 1,78-2,18 ; IC95 % 1,27-1,57), chez les obèses de grade 2 (35<IMC>39,99), il est de 2,39 (IC 95 % 2,15-2,67) et chez ceux de grade 3 (IMC >40), le HR est de 2,67 (IC95 % 2,34-3,04).
Le risque de devoir recourir à une prothèse de genou, attribuable à l’obésité a été évalué à 31 %.
Les auteurs estiment que compte tenu de l’augmentation croissante de la prévalence de l’obésité, il est urgent de réfléchir à des stratégies de réduction pondérale afin de réduire le nombre de remplacements prothétiques coûteux qui risque de « flamber » dans les années à venir.
Journal International de Médecine du 20 avril 2016.
